Le gouverneur militaire de la province de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama, a inauguré ce lundi 14 juillet 2025 à Rwampara, localité située à plus de 10 km du centre-ville de Bunia, dans le nord-est de la RDC une salle polyvalente baptisée « Salle de la paix ». Ce bâtiment a été construit par le Fonds au profit des victimes (FPV) de la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre des réparations collectives symboliques liées aux affaires Thomas Lubanga et Bosco Ntaganda.
Interrogé sur la portée symbolique de cet acte, l’autorité provinciale a déclaré :
« C’est tout simplement pour montrer à la population iturienne et aux victimes que nous n’avons rien oublié. Que la CPI n’a pas oublié les victimes, que le gouvernement congolais n’a pas oublié les victimes. Non seulement nous n’avons pas oublié, mais nous voulons aussi rappeler à toute la population que ce genre d’actes ne doit plus se reproduire dans la province de l’Ituri. »
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Profitant de cette occasion, l’autorité provinciale a lancé un appel émouvant à l’endroit des habitants de l’Ituri :
« La violence tue, la violence détruit. Avons-nous encore besoin de détruire ce que nous avons construit depuis quatre ans ? Je ne pense pas. C’est un appel à tous ceux qui sont perdus, à ces jeunes manipulés, de revenir à la raison. »
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De son côté, la représentante du FPV en RDC, Madame Kizita Firsue, a souligné l’importance de la réintégration des anciens enfants soldats, des réparations pour les attaques dans l’affaire Ntaganda et de la reconstruction du tissu social.
Elle a précisé que le bâtiment inauguré servira d’espace pour des activités communautaires de mémoire, de sensibilisation et de dialogue, contribuant à la réparation des traumatismes psychologiques. La CPI a approuvé un plan de réparations collectives symboliques incluant la construction de salles similaires dans les territoires de Mahagi, Katoto, Rwampara et Tchomia.
Madame Béatrice Dive, représentant le consortium AMAB et l’Observatoire des droits humains, a rappelé que le projet vise à réparer les préjudices symboliques subis par les victimes de l’enrôlement et de l’exploitation d’enfants de moins de 15 ans entre 2002 et 2003. Elle a souligné l’engagement en faveur de la justice réparatrice, de la paix durable et de la réconciliation communautaire.
« La salle polyvalente remise à la communauté de Rwampara incarne la reconnaissance des souffrances endurées, notamment par les enfants enrôlés dans les forces et groupes armés. Ce lieu, mis à disposition par le groupement Tsere, se veut un véritable bijou de mémoire et de résilience. »
Enfin, la représentante des victimes a tenu à préciser que cette salle polyvalente va au-delà d’un simple bâtiment :
« C’est un nouveau commencement. Un lieu où les jeunes acquerront de nouvelles compétences, où les artistes exprimeront leur créativité, où les élèves partageront leur sagesse. Chaque membre de notre communauté y trouvera un espace pour s’épanouir. C’est un lieu pour renforcer nos liens, guérir nos blessures et bâtir ensemble une société plus forte et plus juste. Nous remercions toutes les personnes, les organisations et les partenaires qui ont contribué à la réalisation de ce projet. »
Pour rappel, Thomas Lubanga a été condamné en 2012 à 14 ans d’emprisonnement pour l’enrôlement et l’utilisation d’enfants de moins de 15 ans. Bosco Ntaganda, reconnu coupable de 18 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, purge quant à lui une peine de 30 ans de réclusion, prononcée le 8 juillet 2019 par la CPI.
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