« Nous avons effectivement constaté des faits graves, notamment des massacres de civils. »
C’est en ces termes que Me Bernard Maingain et Me Hervé Diakiese, mandatés par les plaignants, ont justifié la plainte déposée devant la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Félix Tshisekedi et plusieurs responsables de son régime.
Selon les deux avocats, cette plainte s’appuie sur des témoignages et des éléments documentés faisant état de présumées violations graves des droits humains commises entre mars 2020 et janvier 2026 dans « l’espace Katanga » en République démocratique du Congo.
« Le président Tshisekedi et tous ceux qui sont à son service ont mis en place une politique de terreur qui permet la commission de graves violations des droits de l’homme et de meurtres chaque fois que, dans l’espace katangais, une attitude peut être perçue comme un défi, une révolte ou une simple opposition », ont déclaré les conseils des plaignants.
Ils évoquent également des enlèvements, des détentions prolongées qu’ils qualifient d’illégales, des actes de torture ainsi que des disparitions forcées. Les avocats citent notamment le cas du pasteur Ngoy Mulunda, qu’ils affirment avoir été enlevé en Zambie alors qu’il bénéficiait du statut de réfugié et dont ils indiquent être sans nouvelles. Selon eux, ce dossier figure parmi ceux transmis au Bureau du Procureur de la CPI.
Les deux avocats dénoncent par ailleurs ce qu’ils présentent comme une répression visant la population katangaise.
La plainte a été introduite par plusieurs organisations de la société civile du Katanga, soutenues par des syndicats et des familles de victimes. Plus d’une centaine de familles ont mandaté Me Bernard Maingain et Me Hervé Diakiese pour assurer leur représentation devant la juridiction internationale.
Le dossier recense des faits allégués dans plusieurs villes, notamment Lubumbashi, Likasi, Fungurume, Mitwaba, Kasumbalesa, Pweto, Kolwezi, Kilwa, Bukama, Goma, Matadi, Kinshasa et d’autres localités.
La plainte a été déposée et enregistrée au greffe du Bureau du Procureur de la CPI à La Haye le 10 juillet 2026.
Il convient de rappeler que le dépôt de cette plainte constitue une démarche des plaignants. À ce stade, la Cour pénale internationale n’a pas annoncé l’ouverture d’une enquête et les faits allégués n’ont pas été établis par une décision de justice.
La Rédaction



