La liberté d’expression est un droit fondamental, mais elle s’accompagne d’un devoir de rigueur et de responsabilité. On ne peut pas mettre en cause publiquement des élus et présenter des soupçons comme des faits établis sans disposer d’éléments vérifiables.
Les questions relatives à la gestion des fonds publics méritent des éclaircissements. Toutefois, il faut distinguer les interrogations légitimes, les soupçons et les faits démontrés. Une accusation, aussi fermement formulée soit-elle, ne constitue pas à elle seule une preuve de culpabilité.
Les démissions et les éventuels désaccords au sein du Caucus des députés nationaux de l’Ituri ne suffisent pas, à eux seuls, à établir la responsabilité d’une personne dans une éventuelle irrégularité financière. Chaque situation mérite d’être examinée sur la base des faits, sans conclusions hâtives ni procès médiatiques.
Par ailleurs, la lutte contre Ebola ne devrait pas devenir un terrain de confrontation politique où chacun cherche à mesurer son engagement à celui des autres. Ce qui compte, ce sont les actions concrètes, les résultats obtenus et la capacité collective à protéger les populations.
Les élus ne sont pas au-dessus de la critique, mais ils ont droit, comme tout citoyen, au respect de leur dignité et à une appréciation équitable des faits. Défendre ce principe ne signifie ni cautionner une éventuelle mauvaise gestion ni empêcher que des comptes soient demandés. C’est simplement refuser que le soupçon devienne une condamnation publique.
En définitive, personne n’est au-dessus de la vérité, mais personne ne devrait non plus être condamné par la rumeur. L’Ituri a besoin de transparence, de responsabilité et de solutions concrètes, pas de jugements prononcés avant que les faits soient établis. Laissons les preuves parler et les responsabilités s’établir en toute impartialité.
Chronique Joël Heri Budjo




