Le Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN) appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Cour des comptes sur la gestion des ressources affectées à la riposte contre la maladie à virus Ebola en Ituri.
La structure de la société civile a présenté, jeudi 1er octobre 2026, les résultats d’une enquête consacrée à la gouvernance de la riposte. Selon son secrétaire permanent, Dieudonné Kasonia, plusieurs dysfonctionnements présumés nécessitent des vérifications afin d’établir les responsabilités et de déterminer l’utilisation effective des ressources mobilisées.
Parmi les éléments relevés figurent notamment des écarts présumés dans la rémunération de certains agents, des interrogations sur les coûts logistiques ainsi que sur la gestion des fonds destinés à la riposte.
Dieudonné Kasonia évoque notamment un écart pouvant atteindre 186 dollars entre les montants annoncés et ceux effectivement perçus par certains agents dans plusieurs zones de santé.
Le CdC/RN fait également état de soupçons de paiements ou d’achats fictifs et s’interroge sur les écarts éventuels entre les montants annoncés par certains partenaires et les ressources effectivement reçues et affectées à la riposte.
« Nous avons demandé qu’on institue une enquête indépendante par l’IGF et par la Cour des comptes pour identifier les responsabilités et les vrais problèmes qui se passent dans la coordination de la riposte », a déclaré Dieudonné Kasonia.
La structure recommande par ailleurs que toute personne dont la responsabilité serait établie dans une éventuelle mauvaise gestion ou un détournement de fonds publics soit sanctionnée conformément à la loi.
Au-delà de la gestion financière, le CdC/RN estime que les dysfonctionnements présumés dans la coordination pourraient affecter l’efficacité de la réponse à l’épidémie. Il appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de contrôle, de transparence et de suivi des ressources mobilisées contre Ebola.
La structure invite également la société civile et les médias à renforcer le contrôle citoyen et le suivi de l’utilisation des fonds destinés à la riposte.
Le CdC/RN insiste enfin sur la nécessité de poursuivre la sensibilisation des communautés, estimant que la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur la prise en charge médicale. Pour Dieudonné Kasonia, elle doit également s’accompagner d’une gestion transparente des ressources et d’une clarification des responsabilités des différents acteurs de la riposte.
Jérémie Kaseke




