Une controverse oppose Max Nissan, point focal de la Grande Orientale et chargé de mission du chef de l’État pour la médiation et la résolution des conflits, à la Division provinciale des Mines de l’Ituri autour d’une quantité de près de 50 kg d’Or qui aurait échappé au contrôle de l’État congolais.
Max Nissan affirme disposer d’informations faisant état d’une importante quantité d’or qui n’aurait pas été correctement contrôlée par les services compétents. Il réclame l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les éventuelles responsabilités.
« Une affaire de plus ou moins 50 kg d’Or aurait échappé au contrôle de l’État congolais en province de l’Ituri. Je demande au ministère des Mines d’envoyer une commission d’enquête urgente et indépendante pour établir les responsabilités de tout un chacun », a déclaré Max Nissan.
Ces accusations sont contestées par la Division provinciale des Mines. Son chef, Félix Abedi, rejette notamment le chiffre de 50 kg et affirme que les documents administratifs disponibles auprès de son service ne corroborent pas cette quantité.
« Certes, on a publié les 50 kilos, mais sur papier, ce n’est pas les 50 kilos », a-t-il déclaré.
Le responsable provincial explique que son administration s’appuie sur les rapports des bureaux territoriaux ainsi que sur les résultats des missions de contrôle menées dans les zones minières concernées.
Selon lui, deux missions ont notamment été dépêchées pour vérifier les informations relatives à la production et à la traçabilité de l’or. Les rapports issus de ces opérations, assure-t-il, ont été transmis aux autorités compétentes, notamment au ministère des Mines, au gouverneur de province et au secrétariat général aux Mines.
Des chiffres nettement inférieurs à 50 kg
Pour étayer sa version, Félix Abedi cite plusieurs opérations de contrôle menées dans le territoire de Mambasa.
Il évoque notamment une mission effectuée en mars 2026, au cours de laquelle une production de 2 kg d’or aurait été constatée auprès d’une coopérative. Cette quantité, précise-t-il, aurait été déclarée auprès des services compétents et accompagnée de pièces justificatives.
Le chef de Division des Mines cite également deux autres rapports faisant état de 66,6 grammes et 413 grammes d’or, soit un total de 479,6 grammes.
Ces données sont donc très inférieures à la quantité avancée par Max Nissan.
« Toutes les données, toutes les preuves sont à notre disposition », affirme Félix Abedi, invitant toute personne intéressée à consulter les documents détenus par son administration.
Une question de traçabilité
À ce stade, les éléments rendus publics ne permettent pas d’établir de manière indépendante l’existence ou la disparition de près de 50 kg d’or.
La divergence entre les déclarations de Max Nissan et les données présentées par la Division provinciale des Mines soulève néanmoins des interrogations sur la traçabilité de l’or produit en Ituri.
L’insécurité dans certaines zones minières, mais aussi les éventuelles failles dans le dispositif de contrôle et d’encadrement du secteur, pourraient compliquer le suivi de la production. Ces facteurs nécessitent toutefois d’être documentés avant d’établir un lien avec les 50 kg évoqués dans cette affaire.
Heri Budjo Joël




