Le député national Gratien Iracan appelle à établir les responsabilités dans la gestion des premiers mois de l’épidémie d’Ebola en Ituri. Lors d’une conférence de presse ce jeudi 10 septembre 2026 à Bunia, il estime que les retards dans la détection des cas et le suivi des contacts ont contribué à l’ampleur de la crise, qui a déjà fait plus de 3 000 morts selon les statistiques du ministère de la santé.
Alors que la riposte contre Ebola se poursuit en Ituri, le député national élu de cette province, Gratien Iracan, réclame des sanctions contre les personnes qu’il considère responsables des défaillances enregistrées au début de l’épidémie.
« Il faut qu’il y ait des sanctions contre des gens qui ont négligé cette épidémie au début », a déclaré l’élu, dénonçant notamment un « problème sérieux de suivi des contacts » durant les premières semaines.
Selon Gratien Iracan, l’épidémie n’a été officiellement déclarée que le 15 mai, alors que, d’après les informations dont il fait état, le virus circulait déjà depuis plusieurs mois. Il estime que plusieurs cas auraient été ignorés ou insuffisamment détectés, permettant au virus de se propager au sein de la population.
Pour le député, cette situation traduit une défaillance dans la gestion de l’épidémie dès ses premières phases.
« Si aujourd’hui nous sommes à plus de 3 000 morts, c’est notamment à cause de cette négligence », affirme-t-il, appelant à identifier les responsabilités et à sanctionner les personnes concernées.
« La riposte s’est installée avec un grand retard »
Gratien Iracan dénonce également le temps nécessaire à la mise en place effective de dispositifs de la riposte. Il évoque notamment la mobilisation des financements, l’acheminement des équipements, la construction des Centres de traitement Ebola (CTE) et l’importation des équipements de protection, « alors que la RDC est à sa 17e épidémie et que l’Ituri a déjà enregistré plusieurs épidémies », déplore-t-il.
L’élu s’interroge ainsi sur les leçons qui auraient dû être tirées des précédentes épidémies pour permettre une détection plus rapide et une réponse immédiate.
Il cite notamment l’exemple de l’Ouganda, qu’il estime avoir réussi à contenir plus rapidement une épidémie, contrairement à la RDC.
Pour Gratien Iracan, cette situation révèle un problème plus profond de gouvernance et d’administration du système de santé.
« Il y a un sérieux problème de l’administration de la santé à un certain niveau. Le problème de la gouvernance affecte aussi la santé. Le système ne fonctionne pas bien, c’est de l’irresponsabilité », estime-t-il.
Le député annonce vouloir suivre de près la question afin que les responsabilités soient établies.
« On ne doit pas blaguer avec la vie de la population. Il y a des choses qui doivent changer. Plus de 3 000 décès pour rien à cause de la négligence, c’est inacceptable », insiste-t-il.
Appel à la mobilisation contre Ebola
Malgré ses critiques, Gratien Iracan appelle la population à soutenir activement la riposte.
Il exhorte les habitants à collaborer davantage avec les professionnels de santé, tout en appelant les leaders communautaires et les chefs coutumiers à s’impliquer pleinement dans la lutte contre la maladie.
L’élu salue également le travail des personnels de santé engagés dans la riposte, qu’il qualifie de travail « à haut risque », rappelant que certains prestataires ont eux-mêmes perdu la vie dans l’exercice de leur mission.
Il relève par ailleurs des signes encourageants, notamment à Bunia, où la tendance des cas serait en baisse.
« C’est déjà positif. Mais on ne doit pas minimiser cette épidémie », prévient Gratien Iracan.
Pour lui, au-delà de la réponse sanitaire actuelle, la crise Ebola doit surtout servir de leçon afin de renforcer durablement le système de surveillance épidémiologique et la capacité de réaction de la RDC face aux futures urgences sanitaires.
La Rédaction




