Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) alerte sur les graves conséquences socioéconomiques de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), dans un rapport d’évaluation rapide publié récemment.
Selon ce document, l’épidémie causée par la souche Bundibugyo pour laquelle aucun vaccin homologué n’existe à ce jour dépasse le cadre sanitaire et constitue une véritable crise de développement susceptible de fragiliser durablement l’économie congolaise et régionale.
Le rapport indique que, dans le scénario le plus grave, les pertes économiques pourraient atteindre 3,6 milliards de dollars de PIB à l’échelle du continent africain, avec près de 328 000 emplois supprimés et plus d’un million de personnes supplémentaires basculant dans l’extrême pauvreté.
Trois scénarios envisagés
- Scénario limité : pertes de plus d’un milliard USD pour la RDC, contraction de 1,64 % du PIB et disparition de 55 000 emplois
- Scénario intermédiaire : contagion économique dans plusieurs pays voisins, pertes estimées à 2,37 milliards USD
- Scénario de polycrise : combinaison de l’épidémie avec des chocs mondiaux (hausse des prix de l’énergie et des engrais), pertes de 3,6 milliards USD et suppression de 328 000 emplois.
Impact social et sectoriel
Le rapport souligne que les ménages les plus pauvres sont les plus touchés, avec une baisse de consommation de 1,76 % contre 1,27 % pour les plus aisés, accentuant les inégalités.
- Santé : entre 2 406 et 2 520 décès supplémentaires d’enfants de moins de cinq ans dus à des maladies évitables
- Éducation : entre 34 000 et 36 000 élèves pourraient quitter l’école primaire
- Eau et assainissement : près d’un million de personnes risquent de perdre l’accès aux services de base.
Le rapport insiste également sur la dimension de genre : les femmes, très présentes dans le commerce informel et en première ligne des soins, subissent un impact disproportionné.
Appel à une riposte intégrée
Le PNUD recommande une réponse globale combinant mesures sanitaires et interventions socioéconomiques : mise en place de filets de sécurité sociale, transferts monétaires, soutien direct aux femmes commerçantes et aux ménages vulnérables. Il préconise aussi des dispositifs régionaux pour maintenir les échanges commerciaux grâce à des contrôles sanitaires adaptés aux frontières.
L’organisation exhorte les autorités nationales et les partenaires internationaux à renforcer la coopération, à soutenir la recherche d’un vaccin contre la souche Bundibugyo et à investir dans une réponse multisectorielle afin de limiter les impacts économiques et sociaux de cette crise.
Joël Heri Budjo



