Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola en Ituri, le Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN) plaide pour une riposte de proximité, inclusive et adaptée aux réalités locales. Dans un communiqué, cette structure a exprimé sa solidarité envers les familles endeuillées et invité la population à ne pas céder à la peur, à la stigmatisation ni aux rumeurs entourant l’épidémie.
Le CdC/RN estime que la confirmation tardive de la présence du virus, intervenue en mai 2026 alors que des cas suspects étaient signalés dès février dans certaines zones minières et enclavées, a favorisé une propagation silencieuse. Ce retard, souligne l’organisation, met en évidence la nécessité d’un système d’alerte précoce et d’une communication de proximité capable d’atteindre les populations les plus isolées.
Tout en saluant le travail des équipes de riposte, le CdC/RN relève que la méfiance de certaines communautés demeure un obstacle majeur. Il recommande une communication en langues locales, fondée sur l’écoute et le dialogue permanent avec les habitants. L’organisation plaide également pour une implication active des autorités locales, des leaders religieux, des associations de jeunes et de femmes ainsi que des chefs communautaires dans toutes les étapes de la riposte.
Le communiqué insiste sur la vulnérabilité des communautés minières, des pêcheurs du lac Albert et des enfants. Pour ces groupes, le CdC/RN préconise la sensibilisation par les pairs, l’installation de dispositifs de prévention sur les sites à risque, la distribution de kits sanitaires adaptés et la mise en place d’espaces de soutien psychosocial pour les enfants affectés.
Afin de renforcer la confiance envers les structures sanitaires, l’organisation propose trois mesures urgentes :
- Témoignages publics : médiatiser les récits des personnes guéries pour rassurer les communautés.
- Postes de dépistage : installer des points de dépistage volontaire dans les lieux de forte fréquentation.
- Centres réorganisés : séparer les espaces de traitement selon le stade de la maladie.
Pour le CdC/RN, seule une réponse humaine, participative et ancrée dans les réalités locales permettra de freiner durablement la propagation du virus Ebola en Ituri.
Jérémie Kaseke




