Une attaque armée a visé, entre le 11 et le 14 mars 2026, le site minier de Muchacha, situé dans le territoire de Mambasa, dans la province de Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont indiqué plusieurs sources locales.
Selon ces sources, des hommes armés ont pris pour cible une base minière exploitée par des ressortissants chinois, provoquant des incendies, des pillages et la mort de civils.
Les premiers tirs ont été entendus vers 20h30 le 11 mars. Dans un premier temps, certains habitants ont cru qu’il s’agissait de coups de feu liés à des opérations de sécurité menées par des militaires et policiers déployés autour du site. Mais vers 5h30 le lendemain, une épaisse fumée noire s’élevait déjà de la base minière, confirmant l’attaque.
Dans la matinée du 12 mars, les assaillants auraient mené des pillages dans le centre de négoce de Mavuvu, incendiant plusieurs habitations et prenant des otages. Parmi les premières victimes recensées figurent notamment un commerçant tenant un point de transfert d’argent ainsi qu’un pasteur d’une église locale.
Selon la Nouvelle Société Civile Congolaise, au moins sept civils ont été tués. Plusieurs autres corps pourraient encore se trouver dans les champs aux alentours du site minier. L’attaque a également provoqué un déplacement massif de la population : plus de 5 000 personnes auraient fui vers Bandengaido, chef-lieu de la chefferie des Bombo.
Les circonstances exactes de l’attaque restent à déterminer. Selon le colonel Jean‑Baptiste Muyapandi, administrateur policier du territoire de Mambasa, les premiers éléments recueillis sur le terrain suggèrent l’implication des rebelles des Allied Democratic Forces (ADF), actifs dans la région et dans la province voisine du Nord‑Kivu.
Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des opérations militaires en Ituri, évoque également l’implication possible de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), un mouvement dirigé par Thomas Lubanga, que l’armée soupçonne d’entretenir des liens avec certaines factions armées locales, dont les ADF ainsi que des supplétifs du M23.
De son côté, la branche régionale de l’État islamique affiliée aux ADF a revendiqué l’attaque, affirmant avoir ciblé un site minier dans le territoire de Mambasa et évoquant un bilan d’une vingtaine de morts, dont 17 civils. Le groupe armé affirme également avoir enlevé plus de 100 personnes lors de l’attaque.
La situation reste tendue dans la zone. Des sources locales rapportent que des assaillants circuleraient encore dans le centre de Mavuvu. Par ailleurs, un convoi des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aurait été pris dans une embuscade dans la région, faisant des morts et plusieurs blessés parmi les militaires.
Cette situation a provoqué un mouvement de panique dans le chef-lieu et le long de la RN4, axe stratégique reliant Bunia à Kisangani.
La coordination locale des forces vives appelle les autorités à renforcer urgemment la sécurité afin de protéger les civils et leurs biens. « L’effectif insuffisant des militaires dans la zone a permis aux rebelles d’agir impunément », a déclaré Musa Kikoleri, coordinateur de la structure citoyenne.
Dans un communiqué publié le 15 mars 2026, le gouvernement de la République démocratique du Congo a condamné « une attaque terroriste » menée par des rebelles ADF, faisant plusieurs morts sans toutefois préciser le nombre exact de victimes.
Les autorités ont également salué l’engagement des FARDC, qui poursuivent des opérations visant à neutraliser les groupes armés dans la région. Selon Kinshasa, plusieurs bastions des ADF ont récemment été détruits lors d’opérations menées dans le territoire de Mambasa.
Le gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte contre les groupes armés actifs dans l’est du pays jusqu’au rétablissement complet de l’autorité de l’État.
Heri Budjo Joël




