L’acteur politique Patrick Manzanga a vivement critiqué le culte de la personnalité, également appelé djalelo, qu’il considère comme un phénomène profondément enraciné dans la société congolaise, en particulier dans le monde politique.
Selon lui, ce phénomène consiste à idolâtrer, glorifier, aduler, voire déifier un individu, au point d’en faire un objet de vénération excessive. « C’est une admiration exagérée du chef par son entourage ou par ses collaborateurs », a-t-il expliqué, soulignant que cette pratique n’est jamais gratuite.
Manzanga estime que ceux qui s’adonnent à ce culte poursuivent toujours un intérêt personnel. Il illustre son propos par la fable du corbeau et du renard, où la flatterie n’est qu’un moyen pour obtenir un avantage, en l’occurrence le fromage. Pour lui, la logique est identique en politique : l’éloge excessif sert à tirer profit de l’individu encensé.
L’acteur politique juge ce phénomène dangereux, car il affaiblit la société et fait perdre la vision à ceux qui aspirent à la gestion de la chose publique. Il soutient que le culte de la personnalité enlève aux individus leur dignité, leur valeur et leur personnalité, compromettant ainsi toute ambition de grandeur fondée sur le mérite.
Manzanga alerte également sur les conséquences à long terme de cette pratique : l’instauration de régimes autoritaires, l’enrichissement personnel de certains acteurs et la perte de repères idéologiques. « C’est un phénomène qui détruit l’avenir du pays et du monde politique », a-t-il martelé.
Il se dit particulièrement préoccupé par l’implication croissante de la jeunesse dans ce comportement, alors même qu’elle est présentée comme l’avenir de la nation. Pour lui, cette contradiction affaiblit le tissu politique et hypothèque l’émergence d’une nouvelle classe dirigeante responsable.
Patrick Manzanga appelle à une réflexion approfondie sur ce sujet à travers des débats publics et des émissions dédiées. Il invite à rompre avec la flatterie excessive et les courbettes politiques, qu’il juge ridiculisantes, afin de restaurer une culture politique basée sur la vision, la dignité et l’intérêt général.
Jérémie Kaseke




