Après le départ soudain du groupe armé M23 de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu, Human Rights Watch alerte sur les graves dangers auxquels sont désormais exposés les civils, notamment face aux exactions des milices Wazalendo.
Le 17 janvier 2026, le M23, soutenu par le Rwanda, s’est retiré d’Uvira, laissant derrière lui des familles vulnérables, en particulier issues de la communauté banyamulenge, les Tutsis congolais de la région. Durant leur contrôle de la ville, du 10 décembre 2025 au 17 janvier 2026, les combattants du M23 avaient déjà menacé, harcelé et agressé des habitants, provoquant la fuite de nombreuses familles.
Selon Human Rights Watch, le retrait du M23 a été suivi de pillages massifs visant maisons, commerces, églises et bâtiments publics, parfois perpétrés par des membres des milices Wazalendo, soutenues par l’armée congolaise. Plusieurs témoignages font état de blessés, d’extorsions et de violences ciblées contre des civils banyamulenge.
« La présence de l’armée congolaise seule ne suffit pas à protéger les civils tant que les Wazalendo continuent de sévir avec impunité », avertit Clémentine de Montjoye, chercheuse à Human Rights Watch. Elle appelle les autorités à agir rapidement pour rétablir la sécurité et garantir la protection de tous.
Le gouvernement congolais a annoncé une « restauration progressive de l’autorité de l’État » à Uvira, avec des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires. Le président Félix Tshisekedi a, de son côté, insisté sur la protection des Banyamulenge et des autres populations civiles. Mais Human Rights Watch souligne que seules des forces de sécurité bien formées et contrôlées, le désarmement des milices et la poursuite des responsables de crimes permettront de prévenir de nouvelles violations.
La communauté internationale notamment la MONUSCO, l’Union européenne, l’Union africaine et les États-Unis est invitée à intensifier son aide humanitaire et à garantir un passage sûr pour les civils fuyant les violences.
Human Rights Watch conclut que la prétendue protection des Banyamulenge par le M23 a en réalité exposé les civils à de nouvelles violences, et exhorte les autorités congolaises à restaurer pleinement la sécurité et l’État de droit dans la région.
Heri Budjo Joël




