Dans une tribune politique publiée ce jeudi, Paul Babangu Wababu, député national réélu du territoire d’Irumu, appelle à une refondation profonde des mécanismes de pacification en Ituri. Il insiste sur la responsabilité diplomatique régionale et sur la nécessité de combattre l’impunité au sein des Forces armées de la RDC (FARDC).
Des relations RDC–Ouganda sous le prisme de la transparence
L’élu rappelle que l’histoire récente de l’Ituri, notamment entre 1998 et 2003, reste marquée par le soutien logistique et militaire de Kampala à plusieurs factions armées. Une implication qu’il qualifie de catalyseur des cycles de violences dont les séquelles demeurent visibles aujourd’hui.
S’il reconnaît la coopération militaire actuelle entre Kinshasa et Kampala dans le cadre de l’opération conjointe Shujaa contre les rebelles ADF, Paul Babangu dénonce ce qu’il considère comme une « hypocrisie diplomatique persistante ». Il accuse l’Ouganda de servir de base arrière au mouvement CRP, qu’il tient pour responsable de nombreuses exactions en Ituri.
Extradition et fermeté diplomatique
Face à cette situation, le député appelle le gouvernement congolais à adopter une posture ferme. Il exhorte le ministre des Affaires étrangères à exiger l’extradition immédiate des dirigeants de la CRP et de tout autre groupe armé opérant contre la stabilité de la RDC.
À défaut d’une coopération jugée sincère de la part de Kampala, il recommande l’adoption de mesures coercitives, allant jusqu’à des sanctions diplomatiques, afin d’obtenir le rapatriement des responsables présumés pour qu’ils répondent de leurs actes devant la justice congolaise.
Lutte contre l’impunité au sein des FARDC
Sur le plan interne, Paul Babangu insiste sur la nécessité d’un assainissement profond des FARDC. Selon lui, la corruption, l’affairisme et certaines complicités internes fragilisent l’effort de guerre et prolongent l’insécurité dans la province.
Il sollicite ainsi l’intervention de l’Auditeur général et de l’Inspection générale des FARDC pour diligenter des enquêtes indépendantes sur les militaires impliqués dans des violations des droits humains, ainsi que sur les officiers soupçonnés de pillage des ressources naturelles, notamment l’or, le bois et d’autres minerais.
Une double rupture pour restaurer la dignité de l’Ituri
Pour le député national, la paix durable en Ituri passe par une « double rupture » : celle de la complaisance étrangère et celle de l’impunité interne. Il estime que seule une diplomatie responsable, combinée à une justice crédible et impartiale, permettra de restaurer la dignité des populations ituriennes et de jeter les bases d’une stabilité réelle et durable.
Heri Budjo Joël




