Le député national Gratien Iracan s’oppose fermement à l’initiative d’un nouveau dialogue politique en République démocratique du Congo, qu’il qualifie de manœuvre visant à « recycler les élites » au détriment des aspirations populaires.
« Chercher à organiser un dialogue aujourd’hui, c’est faire reculer la RDC de plus de vingt ans », dénonce l’élu, qui voit dans cette démarche un « bricolage politique » orchestré par des leaders « en panne de vision », incapables d’apporter des solutions concrètes aux défis du pays.
S’il reconnaît que le dialogue peut avoir une utilité, Iracan estime que son objectif réel est ailleurs : « Le dialogue peut aider, mais il ne sauvera pas la RDC : son objectif réel est de partager le pouvoir entre ceux qui ont été rejetés par le peuple, et qui ont trahi et vendu le pays. »
Face à un contexte marqué par la prolifération de plus de 200 groupes armés, plus de 1 000 partis politiques et une société civile fragmentée, le député met en garde contre un dialogue mal préparé, susceptible d’engendrer frustrations et violences.
« Revenir aux schémas des années 1990 est ridicule. Le monde doit réellement se moquer de nous », déplore-t-il, pointant le manque de créativité et de vision de certaines élites politiques et universitaires.
Pour une sortie durable de crise, Iracan propose une série de mesures concrètes :
- un cessez-le-feu vérifiable,
- Le déploiement de troupes d’interposition entre les belligérants,
- un accompagnement international sérieux,
- des réformes électorales crédibles,
- des élections libres et transparentes, au service du peuple congolais.
« C’est seulement ainsi que le pouvoir pourra être remis réellement au peuple », conclut-il, appelant à un engagement international sincère, au-delà des « simples dialogues de façade ».
Heri Budjo Joël




