Les forces politiques et sociales de la République démocratique du Congo (RDC) se sont réunies en conclave du 14 au 15 octobre à Nairobi, au Kenya, sous la présidence de l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila Kabange.
A l’issue de deux jours de travaux, elles ont rendu publique une déclaration finale dans laquelle elles dressent un diagnostic sévère de la situation du pays et appellent à une mobilisation nationale pour restaurer la démocratie et l’autorité de l’État.
Une crise multidimensionnelle
Les participants ont reconnu l’existence d’une crise profonde et multiforme en RDC, touchant les sphères politique, sécuritaire, économique, sociale et morale. Sur le plan politique, ils dénoncent une double crise de légitimité et de légalité du pouvoir en place, qu’ils accusent de violations répétées de la Constitution et du reniement de l’Accord global et inclusif. Ils pointent également la « forfaiture électorale de 2023 » comme un facteur aggravant, ayant conduit à un rétrécissement de l’espace démocratique et à une désarticulation des équilibres institutionnels.
Sur le plan économique, la gouvernance est jugée défaillante, marquée par une instabilité macroéconomique, une gestion prédatrice et une corruption endémique. Les finances publiques chroniquement déficitaires, selon eux, hypothèquent l’avenir du pays.
Socialement, les indicateurs sont alarmants : inflation galopante, rareté des services de base, dégradation du système éducatif, accès limité aux soins de santé, chômage élevé et insécurité urbaine. Les participants estiment que cette situation reflète l’incapacité du président Félix Tshisekedi à répondre aux besoins fondamentaux de la population.
Appel à un dialogue inclusif
Face à ce constat, les forces politiques et sociales réunies à Nairobi appellent à la tenue d’un dialogue national inclusif, sincère et sans tabou, dont les conclusions seraient contraignantes pour toutes les parties. Elles rejettent fermement toute tentative de « monologue politique » et réaffirment leur soutien au Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, porté par la CENCO et l’ECC.
Dénonciations et engagements
La déclaration finale dénonce la dégradation sécuritaire persistante dans l’Est du pays, malgré les négociations de Doha avec le mouvement M23, ainsi que l’échec de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Elle fustige également la répression politique, les détentions arbitraires, l’instrumentalisation de la justice, le détournement des fonds publics et le pillage des ressources naturelles.
En réponse, les signataires annoncent la création d’un cadre unifié baptisé « Mouvement Sauvons la RDC », décliné en plusieurs langues nationales. Ce mouvement vise à fédérer toutes les forces opposées à la dictature pour mener des actions concertées en faveur de la démocratie, de la réconciliation nationale et de la restauration de l’autorité de l’État.
Ils s’engagent à mener une offensive diplomatique pour sensibiliser les partenaires internationaux aux causes profondes de la crise congolaise et à promouvoir les « 12 priorités » définies par Joseph Kabila lors de son adresse à la Nation du 23 mai 2025, notamment celle visant à mettre fin à la dictature.
Appel au peuple congolais
Enfin, les participants lancent un appel solennel au peuple congolais, l’invitant à « dresser le front et résister à la dictature », en posant chaque jour des actes concrets pour « sauver la RDC ». « Chaque geste compte et comptera pour la victoire et pour la dignité », conclut la déclaration.
Jonas Mukonkole




