À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a organisé une visite guidée du service de santé mentale intégré à l’unité de réadaptation physique de l’hôpital Rwankole, à Bunia. Cette initiative visait à mettre en lumière le travail quotidien accompli pour accompagner les personnes en situation de handicap, souvent marquées par les traumatismes des conflits armés en Ituri.
Lors de la visite, le personnel du centre a présenté le processus d’accueil et de prise en charge des bénéficiaires. Les patients sont d’abord enregistrés à la réception, puis orientés vers les agents psychosociaux pour un accompagnement personnalisé.
« Nous commençons par écouter nos bénéficiaires dans un cadre confidentiel. Une fois qu’ils se sentent en sécurité, ils s’ouvrent à nous, et c’est là que débute notre travail », a expliqué une agente psychosociale.
Chaque bénéficiaire suit un parcours en deux étapes : un suivi individuel, permettant l’expression libre des difficultés, suivi de séances de groupe où les participants partagent leurs expériences et explorent ensemble des pistes de résilience.
Les séances collectives abordent des sujets essentiels tels que :
- L’intégration sociale après le handicap, pour restaurer la confiance en soi et favoriser le retour à la vie communautaire ;
- L’entretien des prothèses et orthèses, pour améliorer le quotidien ;
- Le handicap et l’emploi, afin de promouvoir l’autonomie économique ;
- La collaboration et la vie en communauté, pour renforcer la cohésion sociale.
Ces échanges favorisent l’apprentissage mutuel. Certains bénéficiaires, ayant déjà surmonté des épreuves, deviennent une source d’inspiration pour ceux encore en phase de réadaptation.
« Plusieurs bénéficiaires ne veulent même plus quitter Rwankole, car ils s’y sentent écoutés, respectés et soutenus », a confié un membre de l’équipe.
Une approche globale de la santé
Le CICR rappelle que la santé ne se limite pas à l’aspect physique, mais englobe aussi les dimensions psychologique et sociale.
« Les bénéficiaires ont souvent traversé des situations traumatiques. Il était donc nécessaire d’intégrer les activités de santé mentale à la réadaptation physique pour leur redonner un équilibre complet », a souligné un responsable du programme.
Depuis la création du service, 237 personnes ont bénéficié d’un accompagnement psychosocial à Rwankole, sur un total de 1 444 bénéficiaires soutenus cette année dans d’autres structures partenaires, notamment à Rubingo-Tchabi, Kilo-État et Kilo-Mission, dans les territoires d’Irumu et de Djugu.
Un appui renforcé du CICR
Le CICR a également formé deux agents de réadaptation physique aux techniques d’écoute et de prise en charge psychosociale. L’organisation a fourni du matériel médical, participé à la formation du personnel et contribué à la construction d’un dortoir pour améliorer les conditions d’accueil.
« L’investissement réalisé ici est important. Il vise à offrir des soins dans la dignité et à favoriser la réinsertion des personnes touchées par les conflits », a déclaré Brou Célestin Peglan, chef de sous-délégation du CICR à Bunia.
Un message fort à la population
À travers cette initiative, le CICR réaffirme son engagement à démystifier la santé mentale et à encourager les citoyens à rechercher un soutien psychologique en cas de besoin.
« Il n’existe pas de santé sans santé mentale. Chaque personne mérite un accompagnement pour son bien-être psychologique », a rappelé un membre du comité.
En Ituri, le CICR et le Programme national de santé mentale poursuivent leurs efforts pour rapprocher les services psychosociaux des communautés, notamment dans les zones les plus affectés par les violences.
Eugène Laro




