Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a achevé, dimanche 7 août, une mission de 24 heures en Ituri. Point fort de son déplacement : une visite à Djaiba, dans le territoire de Djugu, où vivent des milliers de déplacés ayant fui les violences des groupes armés.
Une visite attendue au cœur d’un territoire meurtri
Dans le camp de déplacés situé à proximité d’une base des Casques bleus, la présence du numéro deux de l’ONU a suscité un vif intérêt. Jean-Pierre Lacroix y a rencontré des chefs coutumiers, des représentants des jeunes, des femmes et de la société civile. Tous ont dressé un constat sombre : depuis huit ans, la région est marquée par des massacres, des déplacements massifs et une crise humanitaire persistante.
Le cri d’alarme des déplacés
« Nous sommes massacrés, les femmes sont violées, nos biens sont pillés. Difficile de compter le nombre de morts », a déclaré, les larmes aux yeux, Béatrice Madasi, déplacée de Fataki. Son appel à la communauté internationale illustre la détresse de milliers de familles qui survivent dans la misère, sans sécurité ni assistance régulière.
À Djaiba, près de 10 000 personnes vivent dans des conditions précaires. Certaines dorment à ciel ouvert, faute d’abris. « La vie de la population devient insupportable. Une grande partie de mes administrés est déplacée et vit sous des bâches », s’est indigné Jean Vianney Mateso, chef du groupement Djaiba. Privées d’accès à leurs champs, ces populations voient leurs moyens de subsistance s’effondrer.

L’ONU réaffirme son engagement
Face à ces appels pressants, Jean-Pierre Lacroix, tout en saluant l’action des Casques bleus, il a réaffirmé l’engagement de l’ONU à accompagner les efforts de paix et a tenu à rassurer :
« Nous ne vous abandonnons pas, la communauté internationale est à vos côtés. Bien sûr, tout n’est pas parfait, mais le travail remarquable de nos collègues, notamment le contingent népalais, est reconnu par la population elle-même. »
Une collaboration militaire saluée
De son côté, le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama, a souligné l’importance de l’appui logistique et opérationnel de la MONUSCO dans les opérations menées par les FARDC :
« Si nous parvenons à mieux contrôler cette province, c’est grâce à l’accompagnement de la MONUSCO », a-t-il déclaré.
L’attente autour du P-DDRCS
Pour les habitants de Djugu, l’espoir d’un retour durable à la paix repose sur la mise en œuvre effective du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). Ils exhortent la communauté internationale à intensifier son plaidoyer auprès du gouvernement congolais afin de mobiliser les moyens nécessaires.
En réponse, Jean-Pierre Lacroix a conclu :
« Nous allons relayer ce message aux autorités et plaider pour l’accélération du désarmement, de la réintégration et de la mise en œuvre du P-DDRCS. Malgré les contraintes financières, nous nous engageons à redoubler d’efforts pour améliorer encore la sécurité des populations. »
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