La paix regagne progressivement du terrain en Ituri. À Soleniama-Miala, localité située à une dizaine de kilomètres de Bunia, la MONUSCO a lancé, le vendredi 24 octobre, la deuxième phase de son projet de réinsertion communautaire au profit de 933 bénéficiaires, dont 311 ex-combattants du groupe d’autodéfense Zaïre et 622 membres de la communauté locale de Tsere.
Dotée d’un financement de 490 000 dollars américains, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réhabilitation et Réinsertion communautaire (PDDRC-S). Le projet repose sur un principe d’inclusion : pour chaque ex-combattant réinséré, deux membres de la communauté locale sont également accompagnés, afin de favoriser la réconciliation et la cohabitation pacifique.
Travaux communautaires et autonomisation
Les bénéficiaires participent à des activités agricoles, de construction et d’élevage. Chacun perçoit 5 dollars par jour pendant 100 jours, dont 2 dollars sont épargnés pour la création de coopératives locales. La MONUSCO prévoit en parallèle la mise en place de coopératives agro-pastorales, la distribution de bétail, ainsi que la construction d’infrastructures rurales et d’une provenderie à Tchomia, destinée à soutenir la filière piscicole.
Les ex-combattants, désormais reconvertis en agriculteurs, ont reçu des kits agricoles complets, houes, brouettes, arrosoirs, pioches pour travailler dans les champs communautaires. Ces activités leur permettent de subvenir à leurs besoins et de retrouver une vie digne, loin des groupes armés.
Des témoignages porteurs d’espoir
Parmi les bénéficiaires, J.L.N., 57 ans, ancien infirmier du groupe armé Zaïre, témoigne de sa nouvelle vie après avoir quitté la brousse en 2024, à l’issue de deux années passées dans des conditions difficiles.
« La vie dans la forêt était un cauchemar : faim, maladies, peur et mort. Ce n’était pas une vie », confie-t-il.
Aujourd’hui réintégré dans sa communauté, il appelle les jeunes encore enrôlés à tourner la page de la violence:
« Quittez la brousse. Il n’y a pas de vie là-bas. Le pays a besoin de nous tous », exhorte-t-il.
Un pas de plus vers la stabilité durable
S’étendant sur trois mois et dix jours, ce projet vise à consolider la paix et à réduire les tensions communautaires dans les territoires de Djugu et Irumu, longtemps meurtris par les violences. En offrant des opportunités économiques concrètes aux jeunes vulnérables, la MONUSCO entend renforcer la résilience communautaire et soutenir un retour durable à la stabilité.
« Ces ex-combattants deviennent désormais des bâtisseurs, pas des destructeurs », a résumé un responsable du PDDRC-S, soulignant que la paix ne se gagne pas seulement par les armes, mais surtout par le travail et la réinsertion sociale.
Eugène Laro
