Les derniers chiffres de la prévalence du VIH/SIDA en République Démocratique du Congo pour l’exercice 2025/2026 dressent un constat alarmant : le nord-est du pays est frappé de plein fouet par l’épidémie. Selon la récente cartographie épidémiologique, les provinces du Haut-Uélé et de la Tshopo enregistrent un taux record de 6,9 %, se hissant tristement en tête du classement national.
Ce niveau de prévalence, largement supérieur à la moyenne des autres régions, place ces deux provinces dans la catégorie dite « Très Élevée » (au-delà de 5 %). Une situation qui suscite une vive inquiétude parmi les acteurs de la santé publique et met en lumière une fracture sanitaire flagrante entre le Nord-Est et l’Ouest du pays.
Alors que le Bas-Uélé (0,5 %), le Nord-Ubangi (0,3 %) et le Sud-Ubangi (0,3 %) affichent des taux « Très Faibles », la RDC compte aujourd’hui près de 320 000 personnes vivant avec le VIH. Les données révèlent que les femmes et les jeunes demeurent les populations les plus vulnérables face à ce fléau.
Des disparités régionales marquées
- Zone très élevée : Haut-Uélé et Tshopo (6,9 %)
- Zone élevée : Maniema (3,9 %)
- Zone moyenne : Katanga, Grand Kasaï, Kinshasa (1,6 à 2,8 %)
- Zone faible : Kivu, Équateur, Ubangi (< 1,4 %)
Une riposte urgente
Si 80 % des personnes séropositives ont accès aux antirétroviraux, les disparités locales montrent que l’accès aux soins reste insuffisant dans les zones de forte prévalence. Pour inverser la tendance dans la Tshopo et le Haut-Uélé, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux préparent une riposte renforcée, articulée autour de trois axes :
- Campagnes de sensibilisation pour briser les tabous et encourager le dépistage.
- Renforcement du dépistage par la multiplication des centres volontaires.
- Optimisation de la distribution des ARV afin de sauver des vies et freiner la propagation.
Jonas Mukonkole



