Dans une lettre ouverte adressée au président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Moïse Katumbi Chapwe, président du parti Ensemble pour la République, exprime son opposition virulente au projet de sponsoring de clubs européens par la République démocratique du Congo, estimé à plus de 43 millions de dollars. Il qualifie cette initiative d’irresponsable, immorale et déconnectée des réalités sociales du pays.
Depuis Washington, l’ancien gouverneur du Katanga dénonce une politique qu’il juge incompatible avec les besoins urgents de la population congolaise :
« Pendant que vous projetez d’inscrire le nom du Congo sur des maillots européens, nos enfants meurent de faim, nos soldats défendent la nation pour moins de 5 dollars par jour, nos écoles tombent en ruine, et la majorité de la population n’a pas accès à l’eau potable », souligne-t-il.
Il rappelle que plus de 25 millions de Congolais souffrent de la faim et que 7 millions vivent déplacés dans des conditions précaires. Pour lui, ce projet incarne une gestion insensible des fonds publics en pleine crise humanitaire.
Katumbi déplore qu’une telle somme soit allouée à des clubs européens déjà fortunés, tandis que le championnat national congolais a été suspendu faute de 600 000 dollars. Il cite notamment le club Sanga Balende, privé de moyens pour se déplacer.
« Un père digne de ce nom peut-il nourrir les enfants des autres pendant que les siens ont le ventre vide ? », interroge-t-il.
Il qualifie ce plan de sponsoring de « fétichisme publicitaire financé par le Trésor public », dénonçant une politique tournée vers la visibilité internationale plutôt que vers les besoins fondamentaux du peuple.
Moïse Katumbi exhorte le chef de l’État à annuler ce projet, estimant que la population congolaise a besoin de politiques responsables, axées sur la justice sociale, l’alimentation, l’accès à l’eau potable, les soins de santé, l’éducation et la paix.
« L’argent du peuple doit servir le peuple. Chaque franc dilapidé à l’étranger est un plat vide pour un enfant », martèle-t-il.
Ce projet, dont les contours n’ont pas encore été clarifiés ni budgétisés de manière transparente, suscite de vives réactions au sein de la société civile et des rangs de l’opposition, qui dénoncent une gouvernance centrée sur l’image au détriment des solutions concrètes.
Heri Budjo Joël




