En dépit de la persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola, les élèves de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, ont repris le chemin de l’école ce mardi 1er septembre 2026, conformément au calendrier scolaire national. À Bunia, comme dans plusieurs zones fortement touchées par l’épidémie, la rentrée s’est déroulée entre soulagement, espoir et inquiétudes quant à la protection des enfants.
Après plus de deux mois passés à la maison, les élèves ont retrouvé leurs salles de classe. À Bunia, dans la région de Mongbwalu et à Nizi, considérées comme faisant partie des zones les plus affectées par l’épidémie, plusieurs établissements ont ouvert leurs portes.
À Bunia, une tournée effectuée dans différentes écoles a permis de constater la présence des élèves et des enseignants. De nombreux parents ont également accompagné leurs enfants pour cette rentrée particulière.
« C’est la rentrée et les autorités ont décidé de reprendre les cours. Nous, les parents, n’avons pas de raison de garder les enfants à la maison, surtout qu’ils ont passé plus de trois mois à la maison », témoigne Aline, mère de trois écoliers.
Entre soulagement et inquiétudes
Si certains parents se réjouissent de la reprise des cours, d’autres restent préoccupés par les risques de contamination dans les établissements scolaires.
La promiscuité, les jeux entre enfants pendant la récréation et la difficulté de faire respecter certaines mesures préventives figurent parmi les principales inquiétudes exprimées.
« Nous sommes inquiets, car il est difficile pour les enfants de respecter la distanciation. Ils vont jouer ensemble, se toucher. Il est également difficile de savoir si un enfant présente un problème de santé ou s’il vient d’une famille ayant été exposée à Ebola », explique un parent.
Cette rentrée intervient ainsi dans un contexte sanitaire particulièrement délicat. Les écoles doivent désormais concilier la nécessité d’assurer la continuité de l’éducation avec l’impératif de protéger les élèves et le personnel enseignant contre le virus.
Des écoles renforcent les mesures sanitaires
Face à ces préoccupations, certains responsables d’établissements affirment avoir pris des dispositions pour réduire les risques de contamination.
Au complexe scolaire Rehema Académie, une infirmerie a notamment été aménagée afin d’assurer une première prise en charge des élèves présentant un problème de santé, en attendant l’arrivée de leurs parents.
« Chez nous, nous avons pris toutes les dispositions pour protéger les enfants sur le plan sanitaire. Nous avons installé une infirmerie afin que, lorsqu’un enfant a un problème, il puisse être pris en charge avant que son parent n’arrive. Nous avons également des dispositifs de lavage des mains et la prise de température. Pour ce qui est de la santé des enfants, nous nous sommes préparés », explique Roger Muhimbo, conseiller pédagogique de l’établissement.
La gestion de la promiscuité, notamment dans les salles de classe et durant les récréations, constitue toutefois un autre défi.
Dans cet établissement scolaire, les responsables affirment avoir limité le nombre d’élèves par salle et renforcé la surveillance durant les pauses.
« Nous avons fait en sorte d’avoir au maximum 30 élèves par salle, avec deux élèves par pupitre. La récréation se fera également sous la haute surveillance des enseignants », rassure le responsable scolaire.
La promiscuité reste un défi
Ces dispositions ne sont toutefois pas appliquées de manière uniforme dans tous les établissements visités. Dans certaines écoles, tant publiques que privées, une forte concentration d’élèves a été observée.
Cette situation pourrait davantage compliquer le respect des mesures de prévention, particulièrement pendant les récréations et les déplacements des élèves.
La reprise des cours constitue donc un véritable défi pour les autorités scolaires, les enseignants et les parents, appelés à redoubler de vigilance dans un contexte où l’épidémie continue de sévir en Ituri.
Des appels au report de la rentrée
Avant la rentrée, plusieurs organisations sociales et communautaires, ainsi que l’intersyndicale des enseignants, avaient appelé au report de la rentrée scolaire 2026-2027, particulièrement dans les zones les plus touchées par Ebola.
Ces structures estimaient qu’une reprise des cours dans un contexte épidémique aussi préoccupant pouvait exposer davantage les enfants, les enseignants et leurs familles.
Selon les dernières données disponibles, l’Ituri compte désormais plus de 5 000 cas confirmés de maladie à virus Ebola et plus de 2 000 décès.
La Rédaction
