Une enquête judiciaire a été ouverte en République démocratique du Congo sur de présumées irrégularités financières liées à un projet de réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani, dans la province de la Tshopo. L’initiative émane du ministère de la Justice, qui entend faire toute la lumière sur un écart financier jugé préoccupant.
Dans un communiqué officiel, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux indique avoir enjoint, en date du 17 avril 2026, le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir des enquêtes sur des faits susceptibles de constituer des infractions de détournement de deniers publics, de corruption et de concussion.
Au centre de cette affaire se trouve un contrat conclu entre le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et l’Institut congolais pour la conservation de la nature. Ce partenariat portait sur la réhabilitation du jardin zoologique et botanique de Kisangani ainsi que sur la supervision technique des travaux.
Selon les premières informations disponibles, corroborées par des constats de terrain et un rapport de l’Inspection générale des finances, un écart significatif de 3,3 millions de dollars américains a été relevé. Initialement évalué à 700 000 USD, le projet aurait mobilisé jusqu’à 4 millions USD, sans justification clairement établie à ce stade.
Les autorités évoquent également une discordance manifeste entre le niveau d’exécution des travaux et les montants engagés, ainsi que de sérieuses insuffisances en matière de contrôle, de gestion et de traçabilité des dépenses publiques.
Action judiciaire et respect des principes de droit
Face à ces éléments, le ministère souligne que ces faits justifient la mise en œuvre de l’action publique et la conduite d’investigations approfondies. Toutefois, il rappelle que ces procédures seront menées dans le strict respect des principes fondamentaux de la justice, notamment la présomption d’innocence, les droits de la défense et l’indépendance des juridictions.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des dispositions légales en vigueur, notamment celles relatives à l’organisation et au fonctionnement des juridictions de l’ordre judiciaire en RDC.
Lutte contre l’impunité
Le gouvernement réaffirme, à travers cette décision, sa volonté de renforcer la protection des deniers publics, de garantir les droits des victimes et de lutter contre les infractions économiques et financières.
Alors que les attentes de la population en matière de transparence et de bonne gouvernance demeurent élevées, cette affaire pourrait constituer un test majeur pour la crédibilité des institutions judiciaires du pays.
Les conclusions des enquêtes ouvertes sont désormais attendues pour établir les responsabilités et, le cas échéant, engager des poursuites contre les personnes impliquées.
Heri Budjo Joël




