La formation du nouveau gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa avait suscité beaucoup d’espoirs. Après des mois d’attente, les Congolais espéraient enfin un souffle nouveau, une rupture avec les pratiques du passé et une gouvernance orientée vers l’efficacité et la transparence. Mais à peine la liste dévoilée, le constat s’impose : peu de changements de visages et des habitudes qui perdurent.
À la surprise générale ou plutôt dans la continuité d’un schéma bien connu plusieurs personnalités déjà critiquées pour leurs résultats jugés insuffisants lors du précédent mandat sont reconduites. Cette continuité interroge : comment espérer un changement réel si les mêmes acteurs, aux performances contestées, restent aux commandes ?
La question est simple mais douloureuse : peut-on obtenir un résultat différent avec les mêmes méthodes et les mêmes responsables ? En politique, la répétition des erreurs ne mène qu’à l’enlisement. C’est précisément ce que redoutent de nombreux observateurs.
Certes, il y a eu un remaniement, mais ce gouvernement baptisé Suminwa 2, censé être resserré et ouvert à d’autres tendances, compte 53 membres, soit le même nombre que le précédent exécutif. La grande surprise est le retour d’Adolphe Muzito, ancien Premier ministre sous Joseph Kabila, nommé cette fois vice-Premier ministre en charge du Budget, après 13 ans d’absence.
Pendant ce temps, les défis s’accumulent : crise économique qui étrangle les ménages, insécurité persistante dans l’Est du pays, chômage des jeunes à des niveaux alarmants, et corruption qui gangrène les institutions. Autant de chantiers qui exigent des réformes profondes et des décisions courageuses.
Face à ces urgences, le choix du recyclage politique ressemble à une fuite en avant. Plutôt que de miser sur des profils nouveaux et compétents, on reconduit des figures issues des mêmes cercles d’influence. Une stratégie qui semble dictée davantage par des calculs politiques que par la recherche d’efficacité.
Le peuple congolais ressemble à un passager d’un bus embourbé : le chauffeur change parfois de veste, mais les roues restent coincées dans la même boue. Tant que la gouvernance reste confiée à ceux qui ont déjà échoué, le pays risque de tourner en rond, prisonnier d’un cycle d’inefficacité.
Pour sortir de cette impasse, il ne suffit pas de changer les noms sur une liste. Il faut repenser les critères de nomination, privilégier la compétence, instaurer une véritable culture de reddition des comptes et rompre avec le clientélisme. Sans cela, toute réforme restera cosmétique.
La RDC ne peut plus se permettre de naviguer à vue. Le temps du sursaut est venu. Il appartient désormais aux dirigeants de prouver que le changement n’est pas qu’un slogan, mais une réelle volonté de transformer le pays. Faute de quoi, l’espoir des citoyens continuera de se briser sur le roc de la réalité.
Composition du gouvernement Suminwa 2
- 6 vice-Premiers ministres
- 12 ministres d’État
- 24 ministres
- 5 ministres délégués
- 6 vice-ministres
Lire Le Gouvernement Suminwa II, publié le 8 Août 2025
Jonas Mukonkole




