Dans une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi et datée du 29 juin 2026, un député national plaide pour le report de tout projet de réforme constitutionnelle tant que les principaux défis sécuritaires auxquels fait face la République démocratique du Congo ne sont pas résolus.
Tout en saluant les efforts du chef de l’État en faveur de la paix, de la sécurité, de la stabilité institutionnelle et de la préservation de l’unité nationale, l’élu estime que le débat sur une révision de la Constitution est légitime dans une démocratie. Il considère toutefois que son opportunité dépend du contexte politique, sécuritaire et social du pays.
Dans son argumentaire, le député souligne que la RDC reste confrontée à de multiples menaces, notamment l’agression rwandaise, les activités de l’AFC/M23, de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), des ADF, ainsi que la présence d’autres groupes armés dans plusieurs provinces, dont l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Maniema.
Selon lui, engager une réforme constitutionnelle dans un tel contexte risquerait d’accentuer les tensions et de compromettre le caractère inclusif du processus. Il estime que de nombreux responsables politiques, coutumiers et communautaires des zones en conflit ne pourraient pas participer pleinement aux consultations, tandis que des millions de Congolais vivant dans ces régions seraient privés, de fait, de leur droit de contribuer à un débat aussi déterminant pour l’avenir du pays.
Le député soutient ainsi que toute réforme de la Constitution devrait être précédée par des priorités qu’il juge essentielles : la restauration de la paix, la reconquête de l’intégrité territoriale, le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la sécurisation des populations et de leurs biens, ainsi que la consolidation d’un climat de confiance à l’échelle nationale.
Dans sa lettre, il invite le président de la République à concentrer les efforts de la Nation sur ces objectifs avant d’engager une éventuelle réforme constitutionnelle. Selon lui, une telle révision ne pourra être crédible, inclusive et largement acceptée que si elle est menée dans un contexte de paix, d’unité nationale et de pleine participation des citoyens.
Présentée comme une contribution au débat public, cette démarche se veut, selon son auteur, un plaidoyer républicain guidé par « l’intérêt supérieur de la République », plutôt qu’une contestation de l’action du chef de l’État.
Jean Maurice Udaga
