Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa, l’opposant Martin Fayulu a dénoncé ce qu’il qualifie de « tentative de coup d’État constitutionnel », visant selon lui à fragiliser les fondements de la Loi fondamentale à travers une proposition de loi référendaire portée par le professeur et député Paul Gaspard Ngondankoy.
Un mécanisme de contournement constitutionnel
Dans une déclaration à forte charge critique, Fayulu estime que le débat autour de ce texte dépasse le cadre juridique pour toucher à l’avenir démocratique du pays. Il accuse certains acteurs politiques de vouloir contourner les dispositions intangibles de la Constitution afin d’ouvrir la voie à une prolongation du pouvoir en place.
« Aucune majorité, aucun consensus, aucune consultation ne peut rendre légal ce que la Constitution interdit », a-t-il insisté, dénonçant ce qu’il considère comme une tentative de « légalisation d’un coup d’État constitutionnel ».
Référence à la crise sécuritaire
Élargissant son propos, l’opposant a évoqué la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par la présence de groupes armés, des massacres récurrents et des déplacements massifs de populations. Il a mis en cause la gestion du pouvoir face à cette crise, s’interrogeant sur ses implications politiques et électorales.
Appel au respect de la Constitution
Martin Fayulu estime que les articles 87 à 90 de la proposition de loi contestée devraient être retirés, les jugeant contraires à l’esprit de la Constitution. Il appelle les députés à la responsabilité et rappelle un précédent parlementaire en 2015, où une disposition similaire avait été bloquée après une forte mobilisation. Il suggère que les initiateurs de ces articles devraient répondre de leurs actes devant la justice.
Mise en garde contre toute modification des règles
L’opposant a conclu en mettant en garde contre toute tentative de modification des règles constitutionnelles en cours de mandat, estimant qu’un tel acte constituerait une rupture de l’ordre démocratique.
« Changer les règles du jeu en pleine partie n’est jamais neutre », a-t-il déclaré, appelant au respect strict de la Constitution et à la préservation de l’alternance démocratique.
Il a réitéré son appel à un « dialogue national inclusif » comme voie de sortie des crises politiques et sécuritaires que traverse le pays.
Heri Budjo Joël




