Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’État islamique (EI), s’appuient de plus en plus sur les ressources locales pour soutenir leurs activités dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon un rapport de l’organisation The Sentry, intitulé Gold-Backed Brutality et publié en octobre 2026, le commerce de l’or de conflit pourrait rapporter entre 960 000 et 1,6 million de dollars par an au groupe armé.
Financement extérieur en recul
Le rapport souligne que les financements liés à l’État islamique ont diminué depuis fin 2024, notamment après des sanctions visant des facilitateurs financiers. Les ADF auraient ainsi renforcé leur autonomie économique en exploitant et en commercialisant l’or, particulièrement dans le corridor Manguredjipa–Mambasa–Bafwasende, couvrant des zones du Nord-Kivu, de l’Ituri et de la Tshopo.
Réseaux commerciaux et autres ressources
Les revenus issus de ce commerce transiteraient par des réseaux de négociants et d’intermédiaires, notamment en Ouganda. Outre l’or, le groupe tirerait également des ressources du cacao, des enlèvements et de l’extorsion.
Défi pour l’opération Shujaa
Cette autonomie financière complique les opérations militaires conjointes des Forces armées de la RDC (FARDC) et de l’armée ougandaise (UPDF), menées dans le cadre de l’opération Shujaa. Malgré la pression militaire, les ADF conservent une capacité de réorganisation et continuent de représenter une menace pour les populations civiles.
Affiliation maintenue à l’EI
La diminution du soutien financier extérieur ne signifie pas une rupture avec l’État islamique. Les ADF restent affiliées à cette organisation jihadiste, mais leur dépendance financière à son égard aurait reculé.
Traçabilité de l’or en question
Pour The Sentry, la lutte contre ce groupe armé doit dépasser le champ militaire et cibler également les circuits commerciaux qui alimentent son économie de guerre. L’organisation recommande une meilleure traçabilité de l’or et l’identification des intermédiaires impliqués.
Heri Budjo Joël




