La tension reste vive dans le territoire de Mahagi, en province de l’Ituri, à la suite de la fusillade survenue dans la nuit du samedi 1ᵉʳ au dimanche 2 novembre 2025 à l’aéroport de Zale. L’incident a coûté la vie à quatre personnes, dont deux femmes et deux militaires congolais, abattus par des éléments de l’armée ougandaise (UPDF), engagés dans les opérations conjointes contre les rebelles ADF.
Face à ce drame, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer justice. La société civile de Mahagi, par la voix de son président Deogratias Uthubowar, a condamné fermement ces actes, les qualifiant d’« ignobles et inacceptables ».
« C’est très regrettable de constater que des militaires étrangers, censés protéger nos populations, se tournent contre elles. Cela remet en cause le sens même de la mutualisation des forces sur notre sol. Nous exigeons que des enquêtes sérieuses soient menées pour que les responsables répondent de leurs actes », a déclaré M. Uthubowar lors d’un point de presse tenu ce mercredi 5 novembre.
La société civile craint que de tels comportements ne compromettent la coopération militaire entre la RDC et l’Ouganda, mise en place pour traquer les rebelles ADF dans la région. Elle appelle les autorités locales et nationales à s’impliquer pour que la vérité soit établie et que les familles des victimes soient rétablies dans leurs droits.
De son côté, l’administrateur militaire du territoire de Mahagi, le colonel Jacques Disanoa Lalua, a promis de faire toute la lumière sur cet incident.
« C’est un acte ignoble que je condamne fermement. Je vais convoquer une réunion urgente avec les responsables du contingent ougandais basé à Mahagi. Dans l’armée, il n’y a pas de mauvaises troupes, il n’y a que de mauvais chefs. Ces commandants doivent encadrer leurs hommes et leur rappeler qu’ils sont dans un pays de droit, où ils doivent respecter les lois », a-t-il affirmé.
Le colonel Disanoa Lalua a également assuré que des mesures disciplinaires seront prises pour éviter la répétition de tels incidents à l’avenir.
La population de Mahagi, encore sous le choc, attend désormais les conclusions de l’enquête annoncée par les autorités militaires.
Eugène Laro




