Dans une allocution « passionnée » adressée à la nation, Al-Hajji Rajab Mbira Tebabo Soborabo, président national du parti politique Congolais Uni pour le Changement (CUC), a « vertement » dénoncé l’accord signé à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le qualifiant de « sale accord » et de « trahison ».
Selon lui, cet accord s’inscrit dans une longue série de décisions imposées sans consultation des populations de l’Est, notamment en Ituri et dans le Nord-Kivu. « Depuis 1960, le Congolais manque de tout. Et voilà encore un pouvoir central qui ne pense pas à l’intérêt des siens », a-t-il déclaré avec amertume.
Tebabo s’en prend également à une élite kinoise qu’il juge « déconnectée » des réalités de l’Est, et qu’il accuse de « profiter de la gentillesse des populations locales pour consolider un pouvoir basé sur le partage des richesses au détriment des communautés victimes de violences ».
Déplorant l’absence de soutien national et international à l’égard de son mouvement, le président national du CUC rappelle que celui-ci milite pour un changement en profondeur et une gestion équitable des ressources naturelles. Il affirme que « les richesses de la RDC sont livrées aux puissances étrangères pendant que les populations continuent de subir les atrocités ».
Évoquant la récente déclaration d’un général ougandais sur les opérations contre les combattants Wazalendo, Tebabo y voit une « malédiction » qui, selon lui, frappera les auteurs de cette violence.
Dans un appel direct aux communautés locales, il lance : « Vous Ituriens, cessez de vous entretuer dans des guerres sans valeur », rappelant qu’il a « pleuré plus de 30 ans pour l’intérêt général » sans constater d’avancées concrètes. Il accuse en outre les autorités de détourner les ressources nationales au profit d’intérêts personnels.
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En conclusion, il appelle le peuple congolais à se rassembler autour du CUC et à faire valoir l’article 64 de la Constitution, qui autorise les citoyens à s’opposer à toute tentative de prise illégale de pouvoir ou de bradage des intérêts nationaux :
« Nous ne pouvons pas laisser notre richesse être exploitée sans conscience. »
Heri Budjo Joël
