Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), actifs dans l’est de la République démocratique du Congo, sont accusés par Amnesty International de détenir illégalement des civils dans des conditions inhumaines et d’exiger des rançons allant jusqu’à 2 000 dollars à leurs familles pour leur libération.
Dans son dernier rapport, Amnesty documente plusieurs cas de disparitions forcées à Goma et Bukavu. Désemparées, les familles parcourent les centres de détention à la recherche de leurs proches, mais selon les témoignages recueillis, les combattants du M23 nient souvent leur présence ou refusent de révéler leur localisation.
«Je suis resté là-bas cinq jours sans que ma famille ne le sache. Ils ont menti deux fois en disant que je n’étais pas là», témoigne un ancien détenu de Goma.
Certaines familles ont réussi à retrouver leurs proches grâce à des intermédiaires ayant des connexions avec le M23. Une fois l’identité confirmée, les rebelles exigeraient des sommes considérables pour leur libération. Selon huit ex-détenus, leurs familles ont dû verser entre quelques centaines et plus de 2 000 dollars pour obtenir leur libération.
«Ma famille est venue sur place. Le M23 a exigé de l’argent sans même leur dire où j’étais détenu»,raconte un ancien prisonnier.
Les conditions de détention décrites par les témoins sont alarmantes. Dans un site situé sur le mont Goma, les prisonniers étaient entassés dans des cellules exigües, contraints de dormir assis ou debout sur un sol en béton, sans ventilation, sans eau courante et sans accès aux soins médicaux.
Face à la surpopulation, certains détenus ont été transférés vers d’autres sites, notamment l’ancien bâtiment de l’assemblée provinciale, où les conditions restaient tout aussi précaires. Un ancien prisonnier évoque une cellule souterraine creusée à même la terre, un espace suffocant où plusieurs détenus auraient trouvé la mort.
«Mon proche est décédé au bout d’une semaine, affaibli par la torture, le manque d’eau et de nourriture» confie un témoin.
Amnesty International exige la libération immédiate de tous les civils détenus arbitrairement, la fin des disparitions forcées, ainsi que l’accès indépendant aux lieux de détention contrôlés par le M23.
Rédaction
