Les États-Unis ont annoncé une nouvelle vague de sanctions contre plusieurs personnes et entreprises accusées d’alimenter le conflit armé dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) par le biais du commerce de l’or. Selon le département du Trésor américain, ces acteurs auraient participé au raffinage et à la commercialisation de l’or provenant de zones sous contrôle de la coalition RDF/M23, contribuant ainsi au financement des activités du mouvement rebelle.
Dans un communiqué relayé par le ministère congolais de la Communication et Médias, les autorités précisent que deux responsables de la société Gasabo Gold Refinery, installée à Kigali, figurent parmi les personnes visées. Il s’agit de Jean Malic Kalima, président de l’entreprise, et de Bosco Kayobotsi, son directeur général.
Quatre sociétés sont également frappées par ces sanctions : Gasabo Gold Refinery, Bugambira Mines Ltd, Wolfram Mining and Processing Ltd et Rwinkwavu Mining Corporation Ltd. D’après Washington, elles auraient joué un rôle central dans un réseau de collecte, de transformation et de commercialisation de l’or extrait dans des zones de conflit.
Le Trésor américain affirme que ce circuit aurait permis de raffiner et de vendre l’or issu des territoires contrôlés par la coalition RDF/M23, générant des revenus destinés à soutenir les opérations militaires dans l’Est de la RDC. Les autorités américaines rappellent que l’exploitation illicite des ressources minières reste l’une des principales sources de financement des groupes armés actifs en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Les sanctions comprennent notamment le gel des avoirs détenus aux États-Unis par les personnes et entreprises concernées, ainsi que l’interdiction pour les citoyens et sociétés américaines d’entretenir des relations commerciales avec elles. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie visant à démanteler les réseaux financiers qui alimentent les conflits dans la région des Grands Lacs.
Cette décision intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’Est de la RDC. Les autorités congolaises dénoncent depuis plusieurs années l’exploitation illégale des ressources naturelles et le soutien extérieur dont bénéficieraient certains groupes armés. Kinshasa plaide également pour un renforcement des mécanismes internationaux de traçabilité des minerais afin d’empêcher que les richesses minières du pays ne servent à financer la guerre.
À travers ces nouvelles sanctions, Washington entend accentuer la pression sur les réseaux économiques soupçonnés de tirer profit des minerais de conflit, tout en réaffirmant son soutien aux initiatives internationales destinées à assécher les sources de financement des groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.
Heri Budjo Joël




