Le Fonds au profit des victimes (FPV) de la Cour pénale internationale (CPI) a atteint un taux de réalisation de plus de 95 % dans ses activités d’assistance aux victimes des conflits armés en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. C’est ce qu’a annoncé, jeudi 4 décembre 2025, Mme Kizita Forgwe, gestionnaire du FPV en République démocratique du Congo, lors de la cérémonie de restitution des résultats de l’atelier de capitalisation des projets d’assistance.
« Dans les zones ravagées par les violences armées, vos initiatives ont permis de restaurer le dialogue, prévenir les conflits, renforcer la confiance dans les communautés. Le taux de réalisation dépasse 95 % pour la majorité des indicateurs, et plusieurs partenaires ont même dépassé les objectifs prévus malgré l’insécurité, les déplacements et les interruptions opérationnelles », s’est-elle félicitée.
Plus de 10 020 victimes prises en charge
Selon Mme Forgwe, dix organisations nationales et internationales ont mis en œuvre des projets dans plusieurs entités des provinces concernées.
« Au regard des résultats cumulés, plus de 10 020 survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre ont bénéficié d’une prise en charge complète, dépassant largement les cibles initiales de 8 425 personnes », a-t-elle expliqué.
Elle a précisé que plus de 9 500 survivantes ont reçu des soins médicaux et un accompagnement psychologique, amorçant ainsi un véritable processus de guérison. Par ailleurs, plus de 5 300 femmes ont bénéficié d’un appui matériel et socio-économique, favorisant leur autonomie et la reconstruction de leur dignité.
Cohésion sociale et éducation à la paix
Dans le cadre du projet de cohésion sociale et de réconciliation, 126 communautés ont été ciblées, mais 155 ont finalement été atteintes. Au total, 418 dialogues et médiations communautaires ont été menés pour résoudre pacifiquement les tensions intercommunautaires. Plus de 1 500 leaders communautaires ont été formés à la prévention des conflits, aux dialogues intercommunautaires et à la consolidation de la paix. En outre, 262 initiatives locales de paix ont été accompagnées et soutenues.
Une approche holistique saluée
De son côté, M. Descio Gueyes, chargé de programme terrain du FPV en RDC, a mis en avant la spécificité des méthodes d’intervention :
« Les approches que nous faisons dans la prise en charge sont des approches communautaires, des approches sensibles aux gens, mais surtout ce sont des approches holistiques. C’est-à-dire nous faisons en sorte que le paquet soit à la fois psychologique, médical et socio-économique afin de contribuer à mieux prendre en charge et avoir plus de l’impact dans nos interventions », a-t-il souligné.
Il a rappelé que le mandat du FPV couvre l’assistance aux victimes de crimes internationaux, y compris les violences sexuelles, les tortures, les mutilations, les génocides, les ex-enfants soldats, les enfants issus de viols, ainsi que les femmes et filles affectées.
Engagement des autorités et témoignages poignants

Le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama, a pris l’engagement solennel de renforcer la sécurité afin de faciliter l’accès des partenaires aux victimes dans les zones encore instables.
Deux victimes de conflits armés ont livré des témoignages bouleversants : l’une a relaté son viol par des miliciens, qui a conduit à une grossesse, tandis que l’autre a partagé son vécu après l’amputation d’une jambe.
La cérémonie, haute en couleurs, a réuni le vice-président de l’organe délibérant provincial, le coordonnateur de la société civile, des délégués des partenaires de mise en œuvre, ainsi que plusieurs responsables étatiques et notabilités locales.
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