Face à la surpopulation de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, le ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, annonce des mesures d’urgence. À l’issue d’une inspection, 108 détenus ont été libérés, après une première vague de 66 libérations conditionnelles.
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, s’est rendu à la prison centrale de Makala, accompagné du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu. Cette visite avait pour objectif d’évaluer les conditions de détention et de prendre des mesures immédiates face à la crise qui frappe cet établissement pénitentiaire.
Le constat dressé par la délégation est préoccupant. La prison accueille actuellement 16 238 détenus, dont 299 femmes et 229 enfants, alors que sa capacité initiale est estimée à 1 500 personnes. Plus de 11 000 détenus seraient en détention préventive.
Cette situation traduit une forte augmentation de la population carcérale, sans hausse correspondante du budget de fonctionnement. Au cours de l’inspection des différents pavillons, la délégation a constaté une promiscuité extrême, la dégradation des infrastructures et des difficultés importantes d’accès aux soins de santé.
108 détenus libérés après un réexamen des dossiers
Face à cette situation, Guillaume Ngefa a annoncé des mesures d’urgence visant à désengorger la prison, à renforcer l’assistance médicale et à améliorer la protection des détenus les plus vulnérables.
Dans le cadre de ces actions, le procureur général près la Cour de cassation a procédé à la libération de 108 personnes dont les dossiers avaient été réexaminés. Cette mesure intervient après une première vague de 66 libérations conditionnelles accordées la semaine précédente.
Les autorités judiciaires entendent ainsi poursuivre l’examen des dossiers afin d’identifier les détenus pouvant bénéficier de mesures de libération, conformément aux dispositions légales applicables.
Les femmes et les enfants placés en priorité
Le ministre de la Justice a également insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux femmes et aux enfants en bas âge détenus à Makala.
Invoquant l’intérêt supérieur de l’enfant et les conventions internationales ratifiées par la République démocratique du Congo, Guillaume Ngefa a demandé un traitement prioritaire et accéléré des situations concernant ces catégories de détenus.
Il a enfin réaffirmé son engagement à poursuivre les libérations ciblées et à suivre personnellement les efforts visant à améliorer les conditions de détention dans cet établissement pénitentiaire.
Emmanuel Jedidja




