Le fils du président ougandais Yoweri Museveni, Muhoozi Kainerugaba, a affirmé cette semaine que les forces de sécurité avaient tué 22 membres du parti d’opposition National Unity Platform (NUP), des propos immédiatement dénoncés par l’opposant Bobi Wine, qui évoque des menaces de mort et un siège de son domicile.
Dans des messages publiés sur les réseaux sociaux, Muhoozi Kainerugaba, commandant de l’armée ougandaise (UPDF), a déclaré que « 22 terroristes du NUP » avaient été tués depuis la semaine dernière. Il a également lancé un ultimatum à Bobi Wine, qu’il surnomme « Kabobi », lui donnant 48 heures pour se rendre à la police, faute de quoi il serait, selon ses termes, « traité comme un hors-la-loi ou un rebelle ».

Ces déclarations ont provoqué une vive réaction de l’opposant, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, qui rejette toute accusation de violence visant son camp. Dans un message publié mardi 20 janvier 2026 sur son compte X, Bobi Wine a affirmé que, dans la nuit suivant ces propos, des militaires stationnés à l’intérieur de sa concession ont frappé aux portes de sa maison, proférant des insultes et ordonnant aux occupants de sortir.
Selon lui, les soldats semblaient en état d’ébriété. L’opposant affirme également que l’accès à la nourriture a été bloqué et que les forces de sécurité ont remplacé les cadenas de son domicile par des chaînes. « Ma femme et les personnes présentes à mon domicile ne sont pas en sécurité », a-t-il écrit, réclamant le retrait immédiat des militaires.
Bobi Wine affirme par ailleurs que le nombre de victimes depuis la semaine dernière serait bien supérieur à celui avancé par Muhoozi Kainerugaba, évoquant « plus de 100 morts », sans que ces chiffres puissent être vérifiés de manière indépendante.
Ces échanges surviennent dans un climat politique particulièrement tendu en Ouganda, quelques jours après la réélection du président Yoweri Museveni (71,65%) selon la commission électorale ougandaise, pour un septième mandat, un scrutin contesté par l’opposition et critiqué par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui dénoncent arrestations arbitraires, intimidations et restrictions des libertés publiques.
Bobi Wine, figure majeure de l’opposition qui obtenu 24,72% à l’élection présidentielle, a appelé la communauté internationale à réagir, concluant son message par un slogan devenu récurrent dans ses communications : « Free Uganda now ».
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