Dans la province de l’Ituri, le système éducatif traverse une crise profonde. Alors que les autorités nationales vantent la gratuité de l’enseignement de base, une réalité bien plus sombre mine le quotidien des écoles primaires et secondaires : celle des antivaleurs enracinées, qui compromettent gravement la qualité de l’enseignement.
Une question s’impose : où sont les inspecteurs de l’Éducation nationale, censés garantir le bon fonctionnement du système ?
Loin de leur mission régalienne de contrôle, supervision pédagogique, évaluation des enseignants les inspecteurs brillent par leur absence sur le terrain. Conséquence : les dérives se multiplient dans les établissements scolaires. Vente forcée de fournitures, perception illégale de « frais de motivation« , monnayage des points, absentéisme impuni des enseignants, ouverture d’écoles non viabilisées, diplômes octroyés sans mérite… Autant de pratiques qui sapent les fondements de l’école.
Déjà fragilisée par l’insécurité, l’Ituri n’a pas besoin d’un nouveau front d’échec. Pourtant, dans de nombreuses écoles, les élèves achèvent leur parcours sans maîtriser les compétences de base en lecture, écriture ou calcul. En cause : un encadrement défaillant, où les inspecteurs, censés faire respecter les normes, semblent avoir déserté leurs responsabilités.
Il est urgent que les autorités éducatives, tant provinciales que nationales, prennent ce problème à bras-le-corps. Il ne peut y avoir de qualité sans contrôle. Il faut renforcer les inspections, doter les inspecteurs de moyens logistiques, les déployer effectivement sur le terrain et, surtout, garantir leur intégrité.
Redonner espoir à l’école iturienne passe par la réactivation et la moralisation du levier de contrôle pédagogique. Car sans inspecteurs vigilants et efficaces, l’école congolaise en Ituri comme ailleurs poursuivra sa chute libre, au détriment des générations futures.
Rédaction



