À la suite de la visite du général-major Bruno Mandevu, commandant du secteur opérationnel en Ituri, au mois de juin dernier, l’impact de sa mission itinérante en territoire de Mahagi se fait sentir.
Du 16 au 18 juillet 2025, le commandant du régiment couvrant les territoires de Djugu, Mahagi et Aru a effectué une tournée dans plusieurs chefferies de Mahagi, accompagné d’une délégation composée d’autorités sécuritaires locales, de membres de la société civile, de la FEC, de la jeunesse et d’autres acteurs.
Cette mission, initiée sur instruction du commandement sectoriel, visait à constater de visu l’état des postes de contrôle militaires, devenus des lieux de perception illégale de fonds par certains éléments incontrôlés des forces loyalistes.
« C’était une mission qui a permis au Colonel John d’évaluer la situation sécuritaire et de faire le constat de ces barrières érigées par les militaires », a confié un membre de la délégation.
La société civile locale, dans une déclaration médiatique faite ce 22 juillet 2025, s’est félicitée des retombées de son plaidoyer auprès du général-major Mandevu. Un comité de suivi a été mis en place afin de garantir le respect strict des mesures prises et permettre aux populations de circuler librement avec leurs biens.
« Après notre plaidoyer, le commandant secteur dépêché une délégation pour constater les barrières de perception illégale des fonds. Toutes ont été démantelées. Les rares postes restants le sont en raison de leur position stratégique : Mokambo (4), Anghal (1), Panduru (1), Djukoth (2) et War Palara (3). Il est interdit aux militaires de tracasser ou de soutirer de l’argent à la population. Ceux qui s’y livrent encore doivent savoir que la prison les attend », a averti Deogratias Udaga Uthubowar, porte-parole de la structure citoyenne.
Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée en Ituri et conseiller du gouverneur militaire en charge de la communication, a également dénoncé l’implication de civils dans ces pratiques, utilisés par les militaires comme « percepteurs ». Il a promis que les fautifs, civils ou militaires, seront sanctionnés selon la loi.
Lac Albert : des révélations accablantes sur les pratiques de corruption dans la pêche
Le commandant régiment, le Colonel John et la délégation ont aussi inspecté les activités au littoral du Lac Albert, notamment à Mahagi-port, dans la chefferie des Wangungu. À plus de 52 km du chef-lieu, des témoignages ont mis en lumière une collaboration entre certains pêcheurs et des éléments des forces navales, en échange de sommes d’argent, pour pratiquer des pêches prohibées.
« Nous avons sensibilisé la communauté à ne pas soudoyer les militaires pour aller pêcher. Le commandant a instruit les forces navales de cesser toute perception d’argent. Des représentants des pêcheurs se sont révélés complices. Sur place, la population hésitait à dénoncer les abus, alors que les commerçants témoignaient clairement de la tracasserie », a rapporté Deogratias Udaga.
Sécurité : la population appelée à s’impliquer activement
Malgré la signature de l’acte d’engagement pour la cessation des hostilités par les groupes armés actifs en Ituri, les violences persistent : meurtres, pillages, incendies… Face à cette situation, la société civile de Mahagi exhorte les citoyens à maintenir une collaboration étroite avec les autorités établies, afin de consolider durablement la paix.
« Toute personne suspecte doit être dénoncée pour préserver la sécurité », a souligné un porte-parole de la société civile.
Jean Maurice Udaga




