La vingt-quatrième session de l’Assemblée des États parties (AEP) au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) s’est ouverte ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 à La Haye, aux Pays-Bas. Pendant six jours, les représentants des États parties, observateurs, organisations internationales et acteurs de la société civile débattront des défis majeurs auxquels la Cour est confrontée, tout en réaffirmant leur engagement en faveur de la justice internationale.
Un rendez-vous stratégique pour la Cour
Parmi les points à l’ordre du jour figurent le fonctionnement général de la CPI, le renforcement de la coopération entre États, l’adoption des budgets 2026 de la Cour et du Fonds au profit des victimes (FPV), ainsi que l’élection d’un membre du Conseil de direction du FPV et de cinq membres du Comité du budget et des finances.
Cette session se distingue par la participation annoncée de 25 orateurs de niveau ministériel, témoignant de l’importance politique et diplomatique accordée à la CPI, malgré les critiques et pressions croissantes.
La présidente de l’AEP, S.E. Päivi Kaukoranta, a ouvert la session en appelant à une solidarité renouvelée autour de la Cour :
« L’année 2025 a été une année difficile pour la Cour et le système du Statut de Rome. Il est important que nous restions solidaires de la Cour et de ses représentants. […] La justice internationale n’est pas seulement possible, elle est impérative. »
De son côté, la présidente de la Cour, la juge Tomoko Akane, a salué la résilience de l’institution :
« Malgré une charge de travail sans précédent et les attaques dont elle fait l’objet, la Cour agit avec célérité et efficacité à tous les stades de la procédure. […] Nous œuvrons tous pour bâtir un monde plus juste et exempt d’atrocités. »
Le procureur adjoint de la CPI, Mame Mandiaye Niang, a souligné la pertinence de la Cour dans le contexte mondial actuel :
« Dans un monde marqué par les conflits, la désinformation et l’impunité, la CPI est plus pertinente que jamais. […] Toutes les vies ont une valeur égale en droit international. »
Enfin, Andrés Parmas, président du Conseil de direction du FPV, a insisté sur l’importance des réparations pour les victimes :
« Trop longtemps, les efforts de réparation ont été considérés comme secondaires. […] En soutenant la Cour, en la protégeant des menaces et en contribuant au Fonds, vous affirmez que les normes comptent, que les personnes comptent, que la paix compte. »
Une session sous haute vigilance
Créée par le Statut de Rome, la CPI est la première juridiction pénale internationale permanente chargée de juger les auteurs de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de crime d’agression. L’AEP, organe législatif et de contrôle de la Cour, regroupe les représentants des États ayant ratifié ou adhéré au Statut.
Cette 24ᵉ session intervient dans un contexte tendu, marqué par une augmentation des affaires, des pressions politiques et des défis budgétaires. Les États parties sont appelés à démontrer leur volonté de défendre et de renforcer la Cour, tout en soutenant les victimes et en affirmant la primauté du droit international.
Heri Budjo Joël
