Un atelier de deux jours consacré à la justice transitionnelle et à son articulation avec le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRC-S) s’est achevé ce jeudi à Bunia. Organisée avec le soutien du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), cette initiative visait à sensibiliser et mobiliser autour d’un processus essentiel pour tourner la page des conflits qui secouent la province depuis plus de sept ans.
Pendant deux jours, des acteurs institutionnels, des organisations internationales et des représentants de la société civile ont échangé sur les enjeux de la justice transitionnelle dans un contexte post-conflit marqué par de graves violences.
Un long chemin reste à parcourir
Flory Kitoko, coordonnateur du P-DDRC-S en Ituri, a rappelé que le programme ne se limite pas au désarmement et à la démobilisation des ex-combattants.
« Beaucoup croyaient que le P-DDRC-S ne concernait que ces aspects. Aujourd’hui, tous comprennent mieux ce qu’est la justice transitionnelle et ses liens avec notre travail. Nous allons descendre dans les communautés pour expliquer, sensibiliser et dialoguer. La justice ne peut pas être seulement punitive ; elle doit aussi être réparatrice et inclusive », a-t-il souligné.
Un engagement multilatéral
Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme s’est félicité de l’implication des participants.
« Ils ont travaillé intensément et désormais, chacun doit se positionner face à sa part de responsabilité dans le processus de justice transitionnelle », a indiqué un représentant du BCNUDH.
La MONUSCO a également réaffirmé son soutien au processus.
« La justice transitionnelle est cruciale dans une société qui a connu des violations massives des droits humains. Elle permet de réparer les torts, prévenir de futures violations et reconstruire la confiance », a déclaré le chef de bureau adjoint de la mission onusienne à Bunia.
Un espoir pour une paix durable
Représentant le gouverneur militaire de l’Ituri, le commandant de la 32ᵉ région militaire a salué l’initiative.
« Dans un contexte comme celui de l’Ituri, cette activité est d’une importance capitale. Elle aide à forger des approches locales et adaptées pour restaurer la paix et l’autorité de l’État », a-t-il déclaré.
S’inscrivant dans les efforts de consolidation de la paix dans la région, cet atelier marque une étape cruciale dans l’appropriation locale de la justice transitionnelle, au service d’une réconciliation durable.
Heri Budjo Joël
