En Ituri, l’UNICEF, en partenariat avec plusieurs organisations humanitaires, multiplie les initiatives pour maintenir l’accès à l’éducation dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements massifs de populations. Ces interventions portent sur la construction d’écoles modulaires, temporaires ou durables, la réhabilitation de bâtiments scolaires endommagés, la distribution de kits scolaires ainsi que la formation des enseignants, afin de répondre aux besoins urgents des enfants affectés par la crise.
Ces actions se concentrent principalement dans les territoires d’Irumu et de Djugu, où le système éducatif a été gravement fragilisé par les violences armées. De nombreuses infrastructures scolaires ont été détruites, abandonnées ou rendues inaccessibles à la suite des attaques de groupes armés, compromettant le droit à l’éducation pour des milliers d’enfants.
Dans ce contexte, Maître Michaël Mbafele Mateso, notable et dignitaire du territoire d’Irumu, salue l’appui de l’UNICEF et de ses partenaires, qu’il juge essentiel pour la survie du tissu éducatif en Ituri. Il rappelle que dans son territoire, plusieurs écoles ont été détruites par les rebelles des ADF et d’autres milices armées, tandis qu’à Djugu, les établissements scolaires ont subi les exactions de groupes armés locaux, notamment la CODECO, Zaïre, MAPI et des éléments affiliés à la CRP de Thomas Lubanga.
Tout en reconnaissant l’importance de cette assistance, il appelle les communautés bénéficiaires à protéger et à utiliser de manière responsable les infrastructures scolaires mises à leur disposition, afin de garantir un accès durable et sécurisé à l’éducation pour les enfants, particulièrement dans les zones affectées par les déplacements internes.
Par ailleurs, Maître Mbafele Mateso dénonce toute tentative de récupération politique des réalisations de l’UNICEF et des ONG de développement. Il estime inacceptable que certains élus ou acteurs politiques cherchent à s’approprier des actions humanitaires à des fins électoralistes, au détriment de l’intérêt supérieur des enfants et du respect des principes de neutralité et d’impartialité.
Selon lui, le rôle des représentants élus devrait plutôt consister à mener des plaidoyers auprès du gouvernement central pour renforcer le financement du secteur éducatif, ou à mobiliser leurs propres moyens au profit des communautés locales, plutôt que de politiser l’aide humanitaire destinée aux populations vulnérables.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs collectifs d’ONGD opérant en Ituri ont récemment dénoncé l’instrumentalisation croissante des œuvres sociales à des fins partisanes. Pour Maître Mbafele Mateso, le respect strict de la neutralité humanitaire demeure une condition essentielle pour garantir l’efficacité et la crédibilité des interventions en faveur de l’éducation dans la province.
Heri Budjo Joël




