L’ONG Journaliste en Danger (JED), coordination provinciale de l’Ituri, a annoncé une série d’actions symboliques pour protester contre l’assassinat de Thierry Banga Lole, journaliste et caméraman à la RTNC/Ituri. Ce dernier a été tué par des hommes armés à son domicile dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre 2025, aux alentours d’une heure du matin.
« En tant que journalistes, nous décrétons trois journées sans information à dater du mardi 30 au mercredi 31 décembre », a déclaré Freddy Upar, coordonnateur provincial de JED en Ituri, précisant que « la journée du jeudi 1er janvier sera observée comme une journée sans radio sur toute l’étendue de la province ».
Selon cette décision collective, « les médias en ligne de l’Ituri ne publieront aucun article jusqu’au jeudi », la reprise normale des activités médiatiques étant prévue « le vendredi, avec nos éditoriaux habituels », ont souligné les journalistes.
Revenant sur les circonstances du drame, Freddy Upar a indiqué que « notre confrère a été attaqué à son domicile avant d’être conduit à l’hôpital Salama, où il est malheureusement décédé des suites de ses blessures », qualifiant cet acte de « coup dur porté à la liberté de la presse en Ituri ».
Les professionnels des médias ont également formulé plusieurs revendications, notamment « l’ouverture rapide et transparente des enquêtes », exigeant que « les services de sécurité nous tiennent régulièrement informés de l’évolution du dossier ». Ils ont en outre demandé que « le gouvernement provincial prenne en charge les obsèques de notre confrère assassiné ».
Toutefois, l’ONG JED s’est dite partiellement rassurée par les premiers signaux des autorités : « Nous venons d’apprendre que les enquêtes sont déjà ouvertes », a-t-elle affirmé, saluant également « les assurances obtenues au gouvernorat concernant la prise en charge psychologique de la fille du défunt ». À ce sujet, les journalistes ont appelé à « l’intervention personnelle du gouverneur afin que les enquêtes aboutissent ».
« Vous savez, nous n’avons que nos plumes et nos micros comme armes », ont-ils martelé, avant de conclure que « ce que nous subissons ces derniers jours est vraiment décevant », tout en réaffirmant leur détermination à défendre la sécurité des journalistes et l’exercice libre du métier en Ituri.
Jonas Mukonkole
