Le Journaliste en Danger (JED) en Ituri a dénoncé un nouvel acte d’extorsion visant un professionnel des médias à Bunia. Selon Freddy Upar, point focal du JED dans la province, Moïse Ulang’u, journaliste à la Radio CANDIP/ISP Bunia, a été agressé et dépouillé de son téléphone portable par des militaires de l’unité « Tigre » des FARDC, dans la soirée du jeudi 4 décembre 2025.
L’incident s’est produit aux environs de 19 heures, alors que le journaliste regagnait son domicile à pied dans le quartier Bigo, commune de Shari. D’après le témoignage recueilli par le JED, les militaires l’ont intercepté, contraint à déverrouiller son téléphone, puis fouillé ses photos et messages.
Les soldats seraient tombés sur une image de minerais, ce qui les aurait poussés à l’accuser d’être exploitant minier. Pourtant, Moïse Ulang’u est étudiant en géographie à l’ISP Bunia. En consultant ses messages, ils auraient également découvert une notification liée à un envoi de frais académiques via mobile money, ce qui aurait aggravé leur comportement.
50 dollars exigés pour récupérer le téléphone
Selon Freddy Upar, les militaires ont exigé la somme de 50 dollars pour restituer l’appareil, comme s’il leur appartenait. Ne disposant pas de cette somme, le journaliste a vu l’un des soldats repartir avec son téléphone à moto, malgré ses protestations.
Alertée par un proche du journaliste, la rédaction de la Radio CANDIP a tenté de joindre le numéro de Moïse Ulang’u. Les militaires, qui ont répondu à l’appel, ont affirmé qu’il se trouvait au poste de sécurité de Simbilyabo, sans fournir d’explications supplémentaires.
Le JED exige la restitution immédiate du téléphone, outil indispensable pour le travail journalistique. Freddy Upar rappelle que le téléphone sert de dictaphone, de carnet de notes et d’appareil photo pour les reporters sur le terrain.
Il appelle le commandant de l’axe Simbilyabo–Takata à ordonner au militaire concerné de restituer personnellement l’appareil au siège de la Radio CANDIP, afin d’éviter toute tension inutile entre les médias et les forces de sécurité.
« Aucun militaire ne peut accepter de laisser partir son arme. Pourquoi alors un soldat peut-il prendre le téléphone d’un journaliste ? », s’interroge-t-il, dénonçant un risque réel de détérioration des relations entre journalistes et militaires.
Appel à l’intervention du gouverneur
Dans un contexte où les services de sécurité s’efforcent de garantir la protection de la population en cette période de festivités, le JED appelle le gouverneur de province à s’impliquer personnellement dans ce dossier.
« Les journalistes ne sont pas des criminels. Ils informent pour le bien de la population et ne devraient pas être pris pour cibles », insiste Freddy Upar.
Le JED espère une résolution rapide de cette affaire, afin de préserver un climat de confiance entre les médias et les autorités sécuritaires dans la province de l’Ituri.
Eugène Laro




