La riposte contre la maladie à virus Ebola fait face à de nouvelles difficultés dans la zone de santé de Nizi, en Ituri, où la société civile du groupement Lopa alerte sur la perturbation des interventions, notamment celles liées aux enterrements dignes et sécurisés.
Le président des Forces vives de Lopa, Lotsima Ladju Freddy, a dénoncé lundi le retard pris dans la prise en charge des corps, affirmant qu’une dépouille était restée au domicile familial en attente de l’équipe chargée de l’enterrement sécurisé. Selon lui, les agents de la riposte observent une grève en raison du non-paiement de leurs primes pour les mois de juin, juillet et août. « La population de Lopa est laissée à son triste sort », a-t-il déploré.
Cette interruption des opérations survient dans un contexte épidémique où chaque décès doit être géré de manière spécifique pour limiter les risques de transmission. La société civile estime que l’absence des équipes compromet la sensibilisation et la prévention, alors que la gestion des dépouilles constitue un maillon essentiel de la réponse.
Derrière cette crise apparaît la question du financement des équipes déployées sur le terrain, indispensables à la surveillance, au référencement, à la sensibilisation et à l’accompagnement des familles. La société civile appelle les autorités sanitaires et les partenaires, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à prendre des mesures urgentes pour rétablir les opérations.
Le retard dans la gestion des corps ne représente pas seulement une préoccupation sociale : il constitue un risque majeur de santé publique. Les pratiques funéraires traditionnelles, impliquant des contacts directs avec les dépouilles, peuvent favoriser la propagation du virus.
Au-delà de l’aspect sanitaire, la confiance des communautés est également en jeu. « Lorsqu’une famille attend une équipe qui ne vient pas, le sentiment d’abandon s’installe », souligne la société civile, craignant que cette situation n’alimente la méfiance envers les mesures de prévention.
La priorité demeure désormais de clarifier la situation des agents, de rétablir les enterrements sécurisés et de garantir la continuité des interventions. Car dans une épidémie, perdre du temps sur le terrain peut coûter plus cher que les seules primes impayées.
Heri Budjo Joël




