Nyankunde, dans le territoire d’Irumu (Ituri), a vécu une nuit de mercredi à jeudi sous haute tension, marquée par deux événements distincts qui ont plongé la cité dans le chaos et paralysé toutes les activités.
Selon un notable de la région, les violences ont d’abord éclaté après le décès d’une femme enceinte ayant subi une césarienne à l’hôpital de Nyankunde. Souffrant d’une importante hémorragie, elle devait recevoir une transfusion sanguine en urgence. Mais, dans le contexte de la riposte contre Ebola, cette transfusion n’a pas pu être réalisée à temps. La patiente a finalement succombé.
Sa mort a provoqué la colère de ses proches. Des manifestants ont pris pour cible le Centre de traitement Ebola (CTE), installé dans l’enceinte de l’hôpital de Nyankunde. Le centre a été saccagé, tandis que les soignants et plusieurs agents de la riposte ont fui pour échapper aux violences. Le sort des patients présents dans le CTE n’était pas encore connu au moment des faits, selon cette même source. L’ampleur exacte des dégâts n’était pas encore établie en milieu de journée.
Au même moment, un autre incident est venu aggraver la situation. Dans la soirée de ce même mercredi, un chef de la milice Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), blessé par balles par des hommes armés non identifiés, a été admis à l’hôpital de Nyankunde. Malgré les soins reçus, il est décédé des suites de ses blessures. Deux de ses gardes du corps ont également été tués.
Sa mort a déclenché la colère de ses combattants, qui ont multiplié les tirs d’armes à feu durant la nuit et jusqu’à la matinée de ce jeudi. Les habitants sont restés confinés chez eux, d’autres ont trouvé dans les villages environnants, tandis que les activités socio-économiques sont demeurées totalement paralysées.
Des sources locales précisent qu’il s’agit de deux événements distincts, survenus presque simultanément dans le centre de Nyankunde, en chefferie des Andisoma. Cette coïncidence a fortement contribué à la confusion et au climat de peur qui règnent dans la cité.
Une délégation provinciale conduite par l’administrateur du territoire d’Irumu a été dépêchée sur place afin d’apaiser la situation. Le colonel Siro Nsimba a condamné ces incidents, appelé les habitants au calme et les a invités à regagner leurs domiciles.
La Rédaction




