À Tchomia, dans le territoire de Djugu, la succession coutumière à la tête de la chefferie des Bahema Banywagi continue de diviser. À peine réinstallé, Yves Kahwa Panga Mandro voit son intronisation vivement contestée par son frère Mbidjo Panga Mandro Freddy, qui qualifie l’événement de « non-événement » et affirme demeurer le chef légitime.
Dans une déclaration rendue publique ce samedi 11 octobre, Mbidjo Freddy a dénoncé l’absence de notification officielle concernant la cérémonie de réinstallation de son frère, à laquelle il n’a pas été convié. Il fustige des « manœuvres irrégulières » et des violations des procédures coutumières, accusant certains acteurs locaux d’avoir organisé l’événement sans consultation des notables habilités.
« Je n’ai jamais été informé ni invité à cette installation. Pour moi, elle n’a aucune valeur coutumière. Je reste le chef en exercice des Bahema Banywagi, reconnu par la tradition et par ma communauté », a-t-il déclaré, appelant les autorités à veiller au respect des règles coutumières établies.
Cette querelle intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Depuis plusieurs jours, la chefferie des Bahema Banywagi est le théâtre d’affrontements entre les combattants du CRP et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), compliquant davantage la gestion de cette entité coutumière stratégique située sur le littoral du lac Albert.
Considérée comme l’une des principales chefferies du territoire de Djugu, la chefferie des Bahema Banywagi joue un rôle essentiel dans la médiation communautaire, la gestion coutumière et la cohésion sociale. Mais depuis plusieurs mois, la succession au trône suscite des tensions au sein de la famille régnante, alimentant les divisions et fragilisant davantage cette entité déjà éprouvée par des années de violences.
Heri Budjo Joël
