En marge des Journées Interdiocésaines des Jeunes (JIJ) organisées à Mahagi du 31 juillet au 3 août 2025, le député national Bhileni Cwinya’ay Dieudonné a lancé un appel fort à la responsabilité collective face à l’échec de la politique sécuritaire en Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo.
S’exprimant lors d’une conférence le samedi 2 août, dans le cadre de cet événement rassemblant des jeunes venus de plusieurs diocèses de la RDC, du Soudan du Sud et de l’Ouganda, le député a dressé un constat sans détour :
« Quatre ans après l’instauration de l’état de siège, l’insécurité persiste. Les massacres continuent, notamment à Komanda. L’État de siège n’a pas apporté la paix escompté. L’État de siège ne suffit plus. »
Dans une interview accordée à Visibilitemediapro.cd, Bhileni a condamné l’inefficacité du dispositif militaire mis en place et a exhorté le gouvernement à revoir sa stratégie :
« L’état congolais doit assumer ses responsabilités. L’Ituri ne peut pas continuer à pleurer ses morts. Nos frères tombent chaque jour dans des conditions inhumaines, et cela ne peut plus durer. », a déclaré le député national.
Mais il a aussi interpellé la population locale, insistant sur le rôle des communautés dans le retour à la paix :
« Tant que les Ituriens continueront à s’entretuer, aucune solution militaire ne suffira. Le changement passe aussi par un engagement citoyen. Déposons les armes. »
Au-delà de l’alerte sécuritaire, Bhileni a présenté aux jeunes le projet VIJANA, une initiative gouvernementale qui vise à renforcer l’autonomie économique des jeunes pour les détourner des groupes armés et des antivaleurs :
« L’entrepreneuriat est une réponse concrète au désespoir. Le projet VIJANA est une porte ouverte pour tous ceux qui veulent bâtir plutôt que détruire. »
Cette deuxième édition des journées interdiocesaines des Jeunes (JIJ), qui ne connait pas la participation des ceux du diocèse de Bunia, à cause de l’insécurité, s’achèvera ce dimanche 3 août par une messe à la paroisse Notre-Dame des Lourdes de Mahagi.
Jean Maurice Udaga




