À Bunia, une séance de sensibilisation a réuni des dizaines de jeunes filles autour d’un enjeu devenu crucial : la lutte contre la désinformation et les violences numériques. Cette initiative, soutenue par la MONUSCO, vise à renforcer la vigilance des femmes face aux risques liés à l’usage des réseaux sociaux.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants en Ituri, les organisateurs ont mis en lumière les conséquences parfois dramatiques de la désinformation. Selon eux, « une simple rumeur peut provoquer des tensions, voire entraîner des pertes en vies humaines ». Les participantes ont ainsi été appelées à vérifier systématiquement les sources d’information avant toute diffusion.
La question des violences numériques, en particulier celles visant les femmes, a occupé une place centrale dans les échanges. Le partage d’images ou de vidéos personnelles, souvent effectué sans précaution, expose de nombreuses jeunes filles à des abus tels que la diffusion non consentie de contenus intimes. Certaines victimes, ont témoigné les organisateurs, « ont dû quitter la ville après la circulation de leurs images sur les réseaux sociaux ».
« La meilleure protection reste la prudence dans l’usage des outils numériques et la préservation de la vie privée », a souligné Jean-Tobi Okala, chef de l’information publique de la MONUSCO en Ituri. Il a insisté sur le fait que ces nouvelles formes de violences touchent particulièrement les femmes en raison de leur vulnérabilité sociale et des discriminations liées au genre.
Au-delà de la sensibilisation, cette activité a également permis d’expliquer les mécanismes de la désinformation, ses acteurs et ses impacts sur la société. Les participantes ont été encouragées à devenir des relais communautaires afin de diffuser les bonnes pratiques dans leurs milieux respectifs.
La MONUSCO a rappelé que la lutte contre la désinformation et les violences numériques est une responsabilité collective. « Médias, société civile, écoles et familles doivent jouer un rôle actif pour endiguer ce phénomène », ont insisté les organisateurs.
Malgré les difficultés d’accès à certaines zones comme le territoire de Mambasa, les autorités onusiennes assurent poursuivre leurs efforts, en collaboration avec les forces de sécurité, pour renforcer la sensibilisation et protéger les populations.
Cette initiative s’inscrit dans une série d’actions menées par la MONUSCO pour accompagner les communautés locales dans la prévention des conflits et la protection des civils. Les femmes, en particulier, sont appelées à devenir des actrices clés dans la lutte contre la désinformation et les violences numériques.
Heri Budjo Joël




