Une délégation provinciale s’est rendue récemment à Nizi, dans le territoire de Djugu (Ituri), afin d’évaluer l’état de la rivière dont les débordements menacent les populations riveraines, les infrastructures publiques et les installations de la Société Minière de Kilo-Moto (SOKIMO). Cette mission s’inscrit dans les efforts des autorités provinciales pour trouver des solutions durables face aux inondations récurrentes.
Selon Léon Yemba, directeur-chef d’agence du Fonds National de Promotion et de Service Social (FNPSS) en Ituri, l’alerte sur la situation de Nizi remonte à près d’une année. Le service avait déjà signalé aux autorités provinciales les risques sociaux liés aux débordements de la rivière, notamment pour les élèves et les habitants contraints de traverser certaines zones inondées en pirogue.
« Nous avons constaté que le social était déjà en danger. Des enfants qui vont à l’école sont obligés de traverser la rivière en pirogue avec tous les risques que cela comporte », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, le gouverneur militaire de l’Ituri, Luboya N’Kashama Johnny, a été saisi du dossier. Soucieux du bien-être des populations et de la protection des infrastructures stratégiques, il a demandé à la SOKIMO d’étudier les modalités d’une intervention technique pour réduire les risques d’inondation.
Curage de la rivière sur 7 kilomètres
Dans ce cadre, la SOKIMO s’est engagée à réaliser des travaux de curage de la rivière Nizi en partenariat avec Wago International. L’objectif est de rétablir la profondeur naturelle du lit de la rivière afin d’éviter les débordements en période de pluies.
Maître Walter Toussaint, avocat associé de l’entreprise partenaire, précise :
« La première opération consiste à effectuer le curage de la rivière Nizi sur une distance d’environ sept kilomètres, depuis les villages environnants jusqu’à l’aval du pont métallique actuellement endommagé. »
La durée initiale du projet est estimée à douze mois, avec possibilité d’extension selon l’évolution des travaux.
Infrastructures et route menacées
Les services techniques jugent la situation préoccupante. Les inondations ont déjà envahi certaines infrastructures administratives de la SOKIMO, rendant difficile l’accès à la fonderie, aux bureaux techniques et aux garages.
La route reliant Nizi à Mongbwalu est également menacée par la montée des eaux. Cet axe reste pourtant vital pour la mobilité des populations et les activités économiques locales.
Respect des normes environnementales
Le projet bénéficie d’un appui de principe des autorités environnementales, mais sous condition du respect strict des normes écologiques. Florimo Ewolo Alula, ingénieur et chef de bureau chargé du contrôle au sein de la coordination provinciale de l’environnement, souligne :
« Nous avons observé que le complexe administratif de la SOKIMO à Nizi est déjà englouti par les eaux. Même certaines infrastructures installées pour faciliter le trafic sont menacées par les inondations. »
Il recommande notamment le reboisement des berges après les opérations de curage et une meilleure gestion des déchets par les populations riveraines.
Appel à la collaboration des communautés
Les responsables du projet appellent enfin les communautés locales à accompagner l’initiative afin de faciliter la réalisation des travaux. Ils insistent sur l’importance d’éviter les activités qui favorisent l’ensablement de la rivière, notamment certaines pratiques de repaillage artisanal.
Pour les autorités provinciales et les services techniques, la réussite de cette intervention pourrait non seulement réduire les risques d’inondation, mais aussi sécuriser les infrastructures minières, préserver la route stratégique et améliorer les conditions de vie des populations de Nizi et de ses environs.
Heri Budjo Joël




