La province de l’Ituri a franchi une étape décisive mardi à Bunia en lançant un vaste chantier de modernisation et de numérisation de sa chaîne de recettes. Ce projet, porté par le consortium Hologram/EASS avec l’appui du Projet STAR-RDC, vise à renforcer la transparence et l’efficacité dans la mobilisation des ressources publiques.
Présidant la cérémonie, le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, a replacé cette réforme dans une dynamique de redressement fiscal et de performance administrative. « Aujourd’hui, nous allons parler de notre province en portant une attention particulière sur son évolution fiscale et parafiscale », a-t-il déclaré, rappelant les progrès déjà réalisés.
Selon lui, les recettes provinciales sont passées de 600.000 à 700.000 dollars à plus de 3,5 millions de dollars grâce à l’implication des services et des contribuables. « Nous pouvons aller encore plus loin, à partir de 3 millions et demi à plus de 10 millions », a-t-il affirmé, appelant à intensifier les efforts de mobilisation.
Au-delà des chiffres, le gouverneur a insisté sur l’importance d’un meilleur encadrement des finances publiques dans un contexte de fortes attentes sociales. « Le contrôle n’est pas là pour détruire, mais pour rassurer », a-t-il souligné, défendant une approche fondée sur la transparence et la redevabilité.
Le directeur général du consortium Hologram, Emilie Bola, a salué les transformations déjà observées dans la province. « La métamorphose que vous avez opérée est spectaculaire », a-t-il déclaré, évoquant notamment les changements enregistrés à Bunia.
Le projet prévoit la digitalisation complète de la chaîne de collecte des recettes, depuis l’identification des contribuables jusqu’au suivi des paiements. Objectif : réduire les pertes, renforcer la traçabilité et sécuriser chaque étape du processus. « Il ne s’agit plus seulement de percevoir des taxes, mais de sécuriser chaque étape de la chaîne pour que les ressources atteignent réellement le trésor », a expliqué Emilie Bola.
Cette réforme devrait permettre d’accroître les recettes provinciales et de consolider la confiance entre l’administration et les citoyens, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques.
Jonas Mukonkole
