En Ituri, les miliciens de la CODECO ont tué quatre civils, dont deux enfants et une femme enceinte, lors d’une attaque menée lundi 12 octobre 2026, vers 5 heures du matin, contre le site de déplacés de Rhoo, dans la chefferie des Bahema Nord, en territoire de Djugu. La société civile dénonce une série d’attaques contre les populations civiles.
Selon Charité Banza, président de la société civile des Bahema Nord, les assaillants ont également pillé des biens et incendié des maisons dans plusieurs villages de la chefferie.
« Les miliciens de la CODECO ont envahi ce lundi une grande partie de la chefferie des Bahema Nord. Ils étaient en grand nombre. Ils ont mené une attaque contre les déplacés de Rhoo », a-t-il déclaré.
Parmi les victimes figure un homme identifié comme le percepteur principal des taxes de la chefferie, retrouvé calciné dans sa maison, selon la société civile. Le bilan fait également état de deux enfants et d’une femme enceinte tués.
Charité Banza affirme que l’intervention rapide de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a permis de limiter les pertes humaines. Selon son témoignage, les Casques bleus ont riposté par des tirs nourris, poussant les assaillants à prendre la fuite.
Après l’attaque de Rhoo, les miliciens se seraient dirigés vers plusieurs localités, notamment Tsunga, Jisa, Lera, Nguna et Lingo, où ils auraient pillé des biens et incendié des habitations.
« Nous regrettons ces multiples attaques contre les civils, doublement victimes », a déploré le président de la société civile des Bahema Nord.
Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après celle attribuée aux mêmes miliciens à Maze, où 11 civils ont été tués dans la nuit du 8 au 9 octobre 2026. Au total, 15 civils ont donc été tués dans ces deux attaques, selon les bilans communiqués.
Les autorités n’ont encore rien dit.
La paix toujours incertaine à Djugu
La paix reste fragile dans le territoire de Djugu. Après plusieurs mois d’accalmie, des groupes armés, dont la Convention pour la révolution populaire (CRP), qui a annoncé un cessez-le-feu unilatéral, et la CODECO, signataire de plusieurs accords de paix, notamment celui d’Aru II, ont repris les hostilités.
Face à cette résurgence des violences, le nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo, devra redoubler d’efforts et renforcer ses stratégies pour rétablir la paix dans la province. Il vient de totaliser 100 jours à la tête de l’Ituri, où la pacification demeure l’un des principaux défis de sa mission, confiée par le président de la République, Félix Tshisekedi.
La Rédaction




