La Coalition pour le Respect des Droits Humains (CERDH), antenne de Mambasa, a tiré la sonnette d’alarme sur la présence présumée de groupes armés dans le village de Makoko, situé dans le groupement Bakaiko, chefferie de Babila-Babombi, en territoire de Mambasa (province de l’Ituri).
Selon Rams Malikidogo, coordinateur local de la CERDH, ces hommes armés soumettent la population à des travaux forcés et imposent un système de taxation illégale à travers des jetons obligatoires, payés chaque vendredi. « Ce système ressemble à une forme d’esclavage moderne. Les habitants sont contraints de payer pour échapper à des punitions ou des arrestations arbitraires », a-t-il déclaré à la presse locale.
Des témoignages recueillis par l’organisation font état d’une taxe hebdomadaire d’environ 10 000 francs congolais (près de 4 dollars américains) exigée par les miliciens. Les personnes incapables de s’en acquitter sont contraintes à effectuer des travaux champêtres ou à transporter des matériaux pour ces groupes armés.
« Cela fait déjà un mois que ces groupes opèrent à Makoko sans être inquiétés », rapporte la CERDH, qui évoque également des violations graves des droits humains, notamment des arrestations arbitraires, des intimidations et des violences physiques contre des civils.
Les habitants de Makoko et des villages environnants se disent épuisés par cette situation. Nombre d’entre eux craignent pour leur sécurité et appellent les autorités à intervenir rapidement. « Une population ne doit pas être soumise à l’autorité des groupes armés. C’est le rôle de l’État d’assurer la sécurité et de protéger ses citoyens », a martelé Rams Malikidogo.
Face à cette menace persistante, la CERDH exhorte les autorités militaires et administratives à restaurer l’autorité de l’État dans la chefferie de Babila-Babombi. L’organisation appelle également à l’ouverture d’une enquête approfondie pour identifier les auteurs de ces exactions et les traduire en justice.
« Nous alertons les autorités compétentes afin que cette situation soit prise au sérieux. Il faut une action urgente pour libérer Makoko et tout le groupement Bakaiko de l’emprise des groupes armés », a conclu la CERDH dans son adresse.
Eugène Laro
