À Bunia, une nouvelle affaire interpelle sur les rapports entre les forces de sécurité et les professionnels des médias. Le journaliste Emma Sage Mukadi, de la radio Nuru FM, affirme avoir été dépouillé par des policiers en patrouille dans la soirée du lundi 3 août 2026, au quartier Ngezi, à proximité de Copox.
Selon son témoignage, les faits se sont produits aux environs de 20 h 30 alors qu’il rentrait de son lieu de travail. Il affirme avoir été intercepté par une jeep de la Police nationale congolaise (PNC). Sans contrôle préalable ni demande d’identification, les policiers lui auraient retiré son téléphone portable, son porte-monnaie contenant sa carte de service ainsi qu’une somme estimée à près de 100 000 francs congolais.
« Ils ne m’ont même pas laissé le temps de me présenter », a-t-il déclaré.
Si les faits sont établis par l’enquête, ils constitueraient un grave manquement à la mission première des forces de l’ordre : protéger les personnes et leurs biens. Les journalistes, comme tous les citoyens, bénéficient de la protection de la loi dans l’exercice de leurs activités professionnelles.
Au-delà de la perte matérielle, cette affaire soulève des inquiétudes quant au climat dans lequel évoluent les professionnels des médias, particulièrement lorsqu’ils rentrent de leurs reportages ou de leurs rédactions. La liberté de la presse ne repose pas uniquement sur l’absence de censure ; elle exige également que les journalistes puissent circuler et exercer leur métier sans craindre des actes de violence, d’intimidation ou de tracasserie.
Réagissant à ces allégations, le commandant urbain de la PNC à Bunia, le colonel Abeli Mwangu Gérard, a rappelé que toute personne victime d’un acte répréhensible est en droit de saisir la justice.
« Comme tout autre citoyen, le journaliste victime est en droit de porter plainte contre cet acte répréhensible par la loi. Il peut déposer sa plainte auprès d’un officier de police judiciaire ou d’un magistrat afin que les présumés auteurs de ces tracasseries soient entendus, jugés et sanctionnés conformément à la loi. Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il déclaré.
Cette réaction traduit la volonté de l’autorité policière de renvoyer le dossier vers les mécanismes judiciaires compétents. Une plainte permettra, le cas échéant, d’identifier les agents impliqués et d’établir les responsabilités individuelles, conformément au principe de la présomption d’innocence.
Cette affaire rappelle enfin que la confiance entre les forces de sécurité et la population se construit par le respect de la loi, la discipline des agents et la lutte contre l’impunité. Toute accusation visant des membres des services de sécurité mérite une enquête sérieuse, impartiale et transparente, afin que les victimes obtiennent justice et que les agents innocents ne soient pas injustement mis en cause.
À ce stade, les faits rapportés reposent sur le témoignage du journaliste. Aucune décision judiciaire n’a encore établi la responsabilité des policiers mis en cause.
Denis Munguriek
