Alors que le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, fait face à une recrudescence inquiétante des violences armées, le député national de Bunia-ville, Gratien Unen Iracan de Saint-Nicolas, réélu et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2028, s’élève contre l’inaction du pouvoir central.
Selon plusieurs sources concordantes, dont des rapports de la société civile locale, au moins treize civils ont été exécutés sommairement au cours des huit derniers jours. Les localités de Iga Barrière, Lopa, Dja-Dja, Lindji, Kokonyang, Gina et Nizi ont été le théâtre de profanations d’églises, d’incendies de villages, de pillages systématiques et de déplacements massifs de population.
« Les tirs se poursuivent encore ce 21 juillet dans les zones de Gina et Nizi. L’État semble avoir abandonné cette population. C’est inacceptable », déclare Iracan dans un communiqué.
La situation est d’autant plus préoccupante que des accusations de collusion entre certains éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et des groupes armés circulent au sein des communautés locales. Des cas de rançonnements sur la Route Nationale 27, de vols de biens et de bétail ainsi que des représailles ciblées ont été rapportés par des témoins.
« L’armée semble infiltrée, débordée ou complice. Et pendant ce temps, Kinshasa garde le silence, comme si l’Ituri n’était plus la République », déplore Iracan.
Malgré ce climat de désespoir, le député en appelle à la retenue des populations locales, exhortant à éviter les dérives communautaires.
« Chaque Congolais mérite justice et dignité, peu importe son ethnie. Nous devons résister à la tentation de la revanche, et faire confiance à un État qui doit se réinventer », conclut-il.
Alors que les violences se multiplient dans un quasi-silence médiatique et diplomatique, cet appel relance le débat sur la nécessité d’une réponse urgente, structurée et humaine à l’une des crises les plus meurtrières de l’Est de la RDC.
Heri Budjo Joël
